Robert Benmosche veut tourner la page. Le patron d'AIG a indiqué vendredi que le groupe avait commencé à discuter avec la Fed de New York, le département du Trésor et les administrateurs d'AIG Credit Facility Trust d'une stratégie devant «permettre à l'Etat de sortir de sa relation de propriétaire avec AIG».
Détenu à 80% par le gouvernement qui l'a sauvé de la débâcle de septembre 2008, le premier assureur mondial doit encore près de 100 milliards de dollars aux contribuables américains. Une facture qu'il entend éponger en partie grâce à deux opérations dans ses activités d'assurance vie: la mise sur le marché «aussi vite que possible» de sa filiale asiatique AIA, après la tentative de rachat avortée de Prudential pour 35,5 milliards de dollars, ainsi que la cession d'Alico à Metlife pour environ 15,5 milliards de dollars.
A l'issue de ces transactions, AIG sera «en position confortable pour rembourser totalement la Fed», a affirmé Robert Benmosche dans un mémo adressé aux salariés. En ce qui concerne le Trésor, auquel le groupe est encore redevable d'environ 50 milliards de dollars via le TARP, il étudie un projet prévoyant la conversion d'actions préférentielles en titres ordinaires puis leur cession dans un délai de deux ans.
«Dépendamment des conditions de marché, qui pourraient demeurer volatiles, nous attendons réaliser des progrès significatifs en 2010 sur ce dossier des remboursements», a précisé Robert Benmosche. La bonne tenue des activités aura également son importance. Fin mai, le responsable de la restructuration, Jim Millstein, avait chiffré à 8 milliards de dollars par an le résultat opérationnel des métiers cœurs nécessaire au redressement. Sur le deuxième trimestre, ce bénéfice a atteint 2,2 milliards de dollars.
SunAmerica, la division spécialisée dans les services de retraite et d'assurance vie, s'est nettement redressée. Son résultat d'exploitation hors gains nets réalisés en capital s'est élevé à 1,1 milliard de dollars au deuxième trimestre, contre 254 millions un an plus tôt. Au bout du compte, le groupe affiche une perte nette de 2,7 milliards de dollars, résultant d'une charge pour dépréciation de 3,3 milliards de dollars liée à la vente d'Alico. En données ajustées, le bénéfice ressort à 1,3 milliard de dollars (1,99 dollar par action), contre 1,1 milliard (1,71 dollar par titre) un an auparavant.