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Solvabilité II remet en cause le rôle des assureurs dans le financement de l'économie

le 12/06/2009

Les compagnies d'assurance prévoient de réduire drastiquement leur exposition dans les actions et le capital-investissement

Avec l’adoption de la directive Solvabilité II par le Parlement européen fin avril, les déclarations des gouvernements français sur le soutien à la Place financière de Paris et aux PME semblent être tombées dans l’oubli. Le traitement réservé par la directive aux investissements dans les classes d’actifs « risquées » (actions cotées et gestion alternative) remet en cause une partie des ambitions affichées.


Car les groupes d’assurance n’ont pas tardé à en tirer les conséquences. Henri de Castries, président du directoire d’ Axa, a déclaré mercredi dernier vouloir réduire la part des investissements en actions à environ 3 %, contre 5 % aujourd’hui. Groupama est sur la même longueur d’onde : « Les actions représentent 18 % de notre allocation aujourd’hui. Nous allons descendre à 5 %. Quant aux placements dans le capital-investissement [ou non-coté], ils passeront de 2 % à 0. Nous allons également réduire notre exposition à l’immobilier », détaille un dirigeant. Solvabilité II impose d’immobiliser 40 euros de fonds propres pour 100 euros d’actions cotées détenues et 45 euros pour 100 euros d’actifs non cotés. Une charge difficile à supporter.


Cela dit, la modification des allocations ne vient pas du seul fait de la réglementation. Elle a débuté avec la crise boursière de 2002-2003. Ainsi, les actions représentaient 20 % des investissements d’ Axa en 2000. La crise actuelle a accentué ce phénomène. Mais il est certain que Solvabilité II pourrait faire de ce déclin un phénomène structurel. Pour les assureurs, le sujet n’est pas prioritaire étant donné le poids de ces classes d’actifs dans leur allocation.


En revanche, la musique est tout autre dans le capital-investissement et l’Association française des investisseurs en capital (Afic) est mobilisée. « Schématiquement, les assureurs français sont relativement peu investis dans le private equity. Mais lorsqu’ils le sont, c’est plutôt dans les fonds de taille moyenne ou petite, qui couvrent les PME », souligne Pierre Hervé, secrétaire général de Natixis Private Equity et animateur du groupe de travail de l’Afic sur Solvabilité II. On peut donc s’étonner de la faible mobilisation des pouvoirs publics sur ce sujet particulier. Mais la France s’est trouvée isolée. « Ce n’est pas une préoccupation pour les autres pays européens, note Pierre Hervé, car ils investissent en Bourse ou dans le non-coté via les fonds de pension.»

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1 réaction(s)

Le vendredi 12 juin par Osalteccino
En somme solvabilité II contraint les assureurs à investir dans les obligations d'Etats souverains insolvables. Je suis rassuré.




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