A force de répétition, le message va peut-être finir par passer. «Le développement de l'épargne longue en France est freiné par une fiscalité qui privilégie les actifs courts», a expliqué hier matin, Arnaud de Bresson, directeur général de Paris Europlace qui a remis au Haut comité de Place un rapport sur l'épargne long terme. Un message déjà répété par les associations professionnelles qui martèlent depuis des années que la fiscalité française est construite à l'envers.
«Le faible niveau d'éducation financière, et une offre d'actifs long terme trop confuse» sont aussi des obstacles pour Paris-Europlace qui fait six propositions pour favoriser l'épargne longue. Pas de création de nouveaux produits, comme l'avait suggéré l'AFG récemment, mais la pérennisation de l'existant en favorisant les structures qui plaisent, tout en réorientant une partie vers le long terme en privilégiant les placements actions.
Le produit préféré des français pour l'épargne restant l'assurance vie, l'objectif est de stabiliser les encours à 1.400 milliards d'euros, puis d'en transformer une part en assurance-retraite. L'association propose ainsi de mettre en place, pour le détenteur d'un contrat d'assurance-vie, une option de blocage de l'épargne jusqu'à la retraite, avec versement d'une rente viagère non fiscalisée.
«Si 5% des encours actuels d'assurance vie étaient dédiés à la retraite par cet allongement, cela représenterait 50% de l'encours actuel de produits d'épargne retraite», souligne le rapport. Paris Europlace ajoute une carotte fiscale: «étendre la durée de détention des contrats d'assurance-vie en exonérant de prélèvements fiscaux les contrats d'une durée longue (par exemple : douze ou quinze ans)».
Il faut aussi renforcer massivement la détention d'actions ou de produits investis en actions. Cela passe là encore par la fiscalité, mais aussi par la promotion de produits diversifiés, en transférant les encours des produits à rendement faible vers des produits actions, et enfin par le développement de la détention d'actions via le PEA et via une partie dédiée des livrets. «La refonte de la fiscalité soutiendrait l'orientation d'une partie des flux, voire des stocks, de l'épargne liquide vers des produits longs», explique le rapport.
La promotion du Perp et du Perco font, sans surprise, aussi partie des propositions ainsi que l'encouragement de l'épargne chez les jeunes.