Schneider et Alstom relancent le capital risque corporate

Leur nouveau fonds est ouvert à d’autres partenaires industriels et pourra atteindre une taille de 150 millions d'euros

Par Antoine Landrot le 15/01/2010 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

Les initiatives en «corporate venture» (activité de capital risque de sociétés non financières) sont suffisamment rares pour être soulignées. Schneider Electric et Alstom viennent de lancer un fonds commun de placement à risque (FCPR) qui investira en Europe dans les secteurs de l'énergie et de l'environnement.

Lors du premier closing effectué ce mois-ci, Schneider a apporté 40 millions d'euros et Alstom 30 millions au véhicule, nommé Aster 2. Mais ils cherchent à attirer d'autres souscripteurs industriels (des discussions sont en cours), voire financiers. La limite est fixée à 150 millions d'euros.

La gestion sera assurée par l'équipe de Schneider Electric Ventures, fondée en 2000 ; celle-ci avait lancé un premier FCPR de 50 millions, baptisé SEV 1, en 2002. Elle a été rebaptisée Aster Capital et a accueilli deux professionnels issus d'Alstom. La société compte sept gérants (dont deux en Asie). Elle va en outre ouvrir son capital à Alstom – et fera de même avec tout nouveau souscripteur dans Aster 2.

Cette initiative résulte d'une volonté de mutualisation, alors que le corporate venture n'a jamais pu redécoller depuis l'éclatement de la bulle internet. Selon Thomson Reuters, les sommes levées dans le monde ont atteint 3,7 milliards de dollars en 2009, contre 15,2 milliards en 2000 – ,environ 10% de la collecte totale du capital-risque.

A l'époque, Dassault Systèmes et Thales étaient considérés comme les acteurs principaux en France. Ils font moins parler d'eux aujourd'hui. «La crise de 2008-2009 n'a pas constitué la meilleure période pour lancer un fonds. Le corporate venture a suscité beaucoup d'intérêt de la part des groupes industriels, mais peu d'intentions se sont concrétisées pour l'instant», explique Jean-Marc Bally, general partner d'Aster Capital.

Une telle initiative répond à un double objectif: «Nous nous attachons à sélectionner des sociétés portant des technologies suffisamment mûres pour mettre en place de coopérations [avec les souscripteurs] et nous assurer un retour sur investissement. Les jeunes sociétés sont à la recherche de clients, en même temps qu'elles peuvent apporter de nouvelles ouvertures aux groupes industriels», illustre Jean-Marc Bally. L'engouement des technologies vertes pourra-t-il relancer l'intérêt de telles initiatives ? Total Energy Venture International s'est distingué en avril dernier en acquérant l'américain Gevo.

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