Déjà présente sur le marché britannique via ses filiales Abbey National, Alliance & Leicester et Bradford & Bingley, Santander a confirmé mercredi le renforcement de sa conquête de la banque de détail au Royaume-Uni avec le rachat de 318 agences détenues par RBS pour environ 1,65 milliard de livres (1,98 milliard d'euros), correspondant à la valeur de l'actif net augmentée d'une prime de 350 millions de livres.
La banque espagnole a en outre l'intention d'injecter 4,46 milliards de livres de capitaux dans ses activités britanniques afin de «soutenir la croissance organique et non organique et financer la réorganisation des sociétés du groupe au Royaume-Uni». La part des activités britanniques dans le bénéfice net du groupe a atteint 17% au premier semestre 2010.
Outre les 318 agences, Santander a également acquis quatre centres d'affaires de banque d'investissement et trois centres de banque privée. L'opération ajoute à Santander 21,5 milliards de livres d'actifs, 22,4 milliards de dépôts, un total de 2 millions de clients et 5.000 employés.
Dans la banque de détail britannique, la part de marché de Santander est de 10%, et l'acquisition lui permettra de conforter sa position de deuxième réseau sur ce marché avec les enseignes NatWest de RBS, et son enseigne de banque privée Coutts.
Alors que les banques internationales ont publié des résultats trimestriels en net redressement, Santander a essuyé une baisse de ses profits de 8%. Au premier semestre, l'Europe continentale a contribué à hauteur de 43% aux profits du groupe, dont 22% venant d'Espagne où les bénéfices du réseau commercial ont plongé de 14%. En revanche, le groupe a gagné 875 millions de livres dans ses activités au Royaume-Uni, soit une hausse de 14%.
Pour soutenir sa croissance la banque mise ainsi sur la «diversification géographique». Le rachat de l'activité de banque de particuliers de SEB en Allemagne pour 555 millions d'euros en est une autre preuve, et le groupe ne s'arrêtera sans doute pas là. En effet, des rumeurs font état d'un éventuel intérêt pour la «good bank» de Northern Rock ainsi que pour Egg, la banque en ligne de Citigroup.
Si le groupe espère que l'opération aura un impact positif sur son ratio Tier One, il envisagerait également d'introduire en Bourse une partie de ses activités britanniques pour financer ses acquisitions coûteuses, selon Reuters.