Santander ne semble pas vouloir arrêter ses emplettes. Selon le Financial Times, la banque espagnole aurait repris ses négociations en vue de rapprocher sa filiale américaine Sovereign Bank avec le prêteur new-yorkais M&T Bank Corp.
Les deux protagonistes n'ont fait aucun commentaire. Des sources ont cependant précisé à l'agence Reuters que des pourparlers avaient bien été interrompus en mai dernier; les parties n'avaient pu s'entendre sur la répartition des pouvoirs au sein de la nouvelle entité qui aurait été ainsi formée. Le quotidien britannique ajoute pour sa part que les deux établissements ont repris langue et sondé les régulateurs au sujet de l'opération.
L'intérêt de Santander pour le marché nord-américain n'est pas nouveau. Dès 2006, elle avait acquis 25% de Sovereign Bank (pour 3,3 milliards de dollars), avant de profiter des difficultés de cette banque pour en acquérir le solde début 2009. La volonté du groupe espagnol d'exercer le contrôle sur ses cibles (qui expliquerait l'interruption des négociations avec M&T) se retrouve dans l'acquisition auprès de Bank of America des 25% qu'il ne détenait pas encore dans sa filiale au Mexique.
C'est pourquoi la cession de Sovereign contre une participation minoritaire dans le nouvel ensemble n'est pas aujourd'hui le scénario retenu par les analystes outre-Atlantique – selon le Financial Times, les négociations entamées au printemps envisageaient au départ une prise de 22,5% de Santander dans M&T après fusion. Si les négociations aboutissaient, la fusion des deux établissements américains créerait une entité forte de 150 milliards de dollars d'actifs et de plus de 1.500 agences au nord-est des Etats-Unis.
Voir apparaître le nom de Santander n'est pas surprenant; la banque fait en effet feu de tout bois, notamment en Europe. Après avoir acquis en l'espace de deux mois les 173 agences allemandes du suédois SEB en juillet (pour 555 millions d'euros) et 318 agences britanniques de Royal Bank of Scotland (pour 1,65 milliard de livres sterling), l'ibère tente également de s'emparer du polonais Zachodni Bank, détenu à 70% par Allied Irish Bank.