Sanofi-Aventis a décidé d'exercer son option lui permettant de rapprocher ses activités de santé animale avec celles de l'américain Merck, à travers la fusion de leur filiale respective Merial et Intervet/Schering-Plough. Cette initiative est la conséquence logique du rachat par Sanofi en juillet 2009 des 50% détenus par Merck dans Merial pour 4 milliards de dollars (2,9 milliards d'euros).
«Cette opération représente une nouvelle étape essentielle dans notre stratégie de diversification pour apporter une croissance durable à Sanofi-Aventis», déclare son directeur général Christopher Viehbacher. Le PDG de Merck met de son côté en valeur le «réseau géographique exceptionnel de technologie et d'expertise internationales» dont bénéficiera ce partenariat.
La valeur de Merial ayant été fixée à 8 milliards de dollars et celle d'Intervet à 8,5 milliards, le groupe français versera à Merck «250 millions de dollars afin d'établir une joint-venture détenue à parité», qui s'ajouteront aux 750 millions de dollars à payer dans le cadre du protocole signé entre les deux entreprises le 29 juillet dernier. Le communiqué commun aux deux groupes stipule que «tous les montants, y compris les ajustements pour dette et autres passifs, seront effectués à la clôture de la transaction» attendue au plus tard pour début 2011, après examen des autorités de la concurrence notamment en Europe et aux Etats-Unis.
Le bureau d'analyse de Natixis estime que le prix payé par Sanofi correspond à «un peu plus de trois fois» les ventes d'Intervet et que les synergies opérationnelles dégagées en feront une opération d'autant plus intéressante qu'elle s'inscrit dans la stratégie de Sanofi. Chez Oddo Securities, on juge que l'opération, dont les montants sont conformes à ce que l'on pouvait attendre, «sera pour Sanofi relutive d'environ 3% l'année suivant la finalisation de l'opération».
Sur un marché de la santé animale qui a atteint 19 milliards de dollars en 2008, les produits pour animaux de compagnie représentent 40% du total et ceux destinés aux animaux d'élevage 60%. Ce marché devrait croître d'environ 5% par an au cours des cinq prochaines années. Il est soutenu «par la hausse mondiale de la consommation de protéines animales, ainsi que par l'augmentation des soins prodigués aux animaux de compagnie», conclut le communiqué.