Chargée d'une dette d'1,8 milliard d'euros, la société immobilière espagnole Sacresa s'est déclarée hier en cessation de paiement. Ellle se dirige vers la troisième plus grande faillite immobilière de l'histoire espagnole, après celles du géant Martinsa Fadesa (7 milliards d'euros de passif) et d'Habitat (2,8 milliards) en 2008.
Sacresa s'était déclarée «insolvable» en mars denier. Selon la loi espagnole, elle avait jusqu'à hier pour présenter un plan de restructuration de sa dette approuvé par ses créanciers et ainsi éviter la faillite. Or le pool d'une quinzaine de banques l'aurait rejeté, estimant que même ainsi la compagnie serait forcée de se déclarer en faillite d'ici deux ans, selon le quotidien catalan La Vanguardia. Ce plan aurait notamment impliqué la cession d'un milliard d'actifs immobiliers aux banques créancières.
Alors qu'elle s'est développée à Madrid et Valence, la société familiale comptait se recentrer sur la promotion immobilière à Barcelone. Mais, toujours selon le quotidien, le plan maintenait un endettement jugé trop lourd de 500 millions d'euros, en plus des 180 millions que la société doit au Trésor public.
Le groupe a donc été forcé hier à déclarer en cessation de paiement quatre de ses sociétés : Cresa Patrimonial, Sacresa Terrenos Promoción, Sacresa Terrenos 2 y Sanahuja Escofet Inmobiliaria (Sein).
L'identité des créanciers n'a pas été rendue publique hier. Mais en mars dernier, lorsque Sacresa s'était présentée devant le tribunal de commerce de Barcelone pour déclencher le processus qui a mené hier à la déclaration de cessation de paiements, des sources avaient signalé que la dette devait essentiellement être renégociée avec Royal Bank of Scotland, des caisses d'épargne espagnoles et l'Institut catalan des finances, un organisme public.
Sacresa s'était très lourdement endettée, jusqu'à 6 milliards d'euros, en s'emparant d'une autre société immobilière, Metrovacesa. Après l'explosion de la bulle immobilière, Sacresa est parvenue à alléger en partie cette dette contractée auprès de banques comme Santander, BBVA, Banesto, Banco Popular, Banco Sabadell, Barclays, Caja Madrid et La Caixa en échangeant son passif contre des actions Metrovacesa, selon El Economista.