Le constructeur français de yachts de luxe Rodriguez a déclenché hier une procédure de sauvegarde afin de disposer d'une marge de manœuvre supplémentaire pour renégocier sa dette bancaire. « Fort d'une trésorerie disponible de plusieurs millions d'euros, Rodriguez Group poursuivra son exploitation dans des conditions normales pendant toute la période d'observation, d'une durée de six mois renouvelable », a déclaré le groupe dans un communiqué.
Tout en bénéficiant de la suspension de l'exigibilité de ses dettes, le groupe entend ainsi prévenir la cessation de paiement, contrairement à son concurrent Couach qui a dû se résoudre à un redressement judiciaire voici une semaine après l'échec de la restructuration de sa dette. Les constructeurs de yachts et bateaux de plaisance ont été lourdement touchés par la crise financière qui a donné lieu à de nombreuses annulations de commandes. En Italie, Ferretti vient de passer sous le contrôle de ses créanciers, dont RBS, et de Mediobanca, le fonds Candover perdant sa mise.
Lourdement déficitaire au titre de son exercice finissant au 30 septembre 2008, Rodriguez avait annoncé mi-décembre ne plus respecter ses covenants bancaires et avoir entamé des discussions sur la restructuration d'une dette de 150 millions d'euros pour des fonds propres de seulement 79 millions. Sa trésorerie nette s'élevait, alors, à 40 millions d'euros. « Cette mesure permettra de négocier, dans les meilleures conditions, avec les banques le remboursement du crédit syndiqué, selon un plan fiable et compatible avec l'évolution du marché », estime le groupe. L'annonce de la procédure de sauvegarde n'a guère surpris les analystes.
« Les dispositions ont été prises par le groupe afin d'organiser le bon déroulement des commandes en cours, la livraison des bateaux en construction ainsi que le développement des nouvelles commandes », précise Rodriguez dont le titre a été suspendu hier jusqu'à nouvel ordre.
Ayant fait l'objet depuis plusieurs mois de spéculations liées aux négociations sur sa dette, l'action avait plus que doublé depuis janvier après avoir perdu 94 % de sa valeur en 2008. L'assemblé générale du groupe, initialement prévue le 26 mars, a été reportée mais devra obligatoirement se tenir avant le 31 mai.