Rodriguez sort du purgatoire. Le Tribunal de commerce de Cannes a homologué le 7 avril le plan de sauvegarde présenté par le fabricant de yachts et ses deux principales filiales. Cette décision permet au groupe de sortir de la procédure ouverte il y a tout juste un an. La cotation de Rodriguez, suspendue le 8 avril 2009 à 2,90 euros par titre, reprendra donc dès aujourd'hui.
L'accord de restructuration de la dette bancaire passée avec l'ensemble des prêteurs a permis cette issue positive. Cette dette était constituée, d'une part, d'engagements pour signature de 38,1 millions d'euros, et d'autre part, d'un crédit revolving de 150 millions d'euros en principal et de 155,5 millions, en incluant les intérêts échus. Au 31 mars 2009, le nominal de ce crédit se répartissait entre le CIC Lyonnaise de Banque (42,5 millions), BNP Paribas (42,5 millions), LCL (27,5 millions), le Crédit Agricole, la Banca di Roma et BBVA, tous trois à hauteur de 12,5 millions chacun.
Les banques ont consenti un abandon de créances en principal de 54,3 millions, ce qui permettra à la société d'afficher un profit exceptionnel sur l'exercice 2009-2010. Par ailleurs, elles renoncent à l'intégralité des intérêts à échoir sur les dix prochaines années.
Restent 139,3 millions de dette bancaire à rembourser. Rodriguez en paiera 74,7 millions en numéraire «par des remboursements échelonnés de 2010 à 2020 d'un montant minimum annuel de 6,4 millions d'euros et qui seront, le cas échéant, augmentés en fonction des ventes du stock de bateaux neufs et d'occasion», précise l'emprunteur. Le solde de 64,6 millions sera transformé en obligations convertibles sans intérêt, ou remboursables en cash entre 2017 et 2020.
La parité retenue en cas de conversion des obligations en actions valorise le groupe à 250 millions. Nettement plus que la capitalisation boursière du groupe, qui n'atteignait plus que 36,2 millions d'euros lorsque l'action a été suspendue, à l'aube de la reprise des marchés actions.
Au bout du compte, les banques de Rodriguez ont donc consenti un sérieux effort. Sur les 188 millions de dette nominale, moins de 40% sont assurés d'être remboursés en cash au fil de l'eau. Le fabricant, lui, a rendu sa structure de coûts «cohérente avec des hypothèses d'activité et de reprise du marché de la plaisance de luxe volontairement prudentes».