Dualité. BPCE n'en finit pas de tergiverser en matière d'assurances. François Pérol, son président du directoire, a relancé la polémique en précisant aux Echos : « Nous verrons d'ici à la fin de 2010 s'il est plus intéressant sur le plan de la solvabilité de développer ce métier en interne ou en partenariat. » Si l'enjeu est important pour le groupe bancaire, il l'est plus encore pour CNP Assurances sur les plans commercial et capitalistique. Le numéro un français de l'assurance-vie avait déjà envisagé de reprendre Natixis Assurances en 2008. Ce qui lui aurait permis de distribuer ses produits au sein des Banques Populaires, en plus des Caisses d'Epargne et de La Banque Postale (LBP). Dans sa volonté de sortir de cette dualité historique et de monter en puissance sur son marché domestique, CNP chercherait un nouveau partenaire. La Tribune indique qu'elle serait dans la course pour le rachat de 50 % de la filiale d'assurance-vie de Barclays France. CNP ne commente pas. Un grand financier de la place cite aussi des conversations avec Société Générale... Quant au rachat de Natixis Assurances, il serait le pendant de la reprise d'Ecureuil Vie en 2007. Mais réglerait-il la question spécifique des Banques Populaires du réseau Bred ? Celui-ci dispose encore d'une filiale dédiée, Prépar Vie, dont BPCE ne souhaite pas commenter le devenir. Toutefois, l'évolution du capital de CNP n'est pas seulement liée à BPCE. L'émergence de la Caisse des dépôts dans le capital de La Poste verra s'accroître mécaniquement sa participation dans CNP. Alors que BPCE a acquis la participation de 17,7 % des Caisses d'Epargne dans Sopassure (holding commune avec LBP) et hérité de l'intégralité des droits et devoirs du pacte d'actionnaires qui court jusqu'en 2015, le schéma actuel (voir le tableau) serait remis à plat.