Annoncée depuis juin, l'augmentation de capital de 25 milliards de dollars de Petrobras risque de se faire encore attendre. Prévue à l'origine pour juillet, elle avait finalement été décalée à septembre. Mais ce calendrier sera très probablement difficile à tenir. C'est ce qu'ont laissé entendre à Bloomberg des sources gouvernementales brésiliennes.
Si le gouvernement semble vouloir prendre son temps pour choisir le moment adéquat, ce nouveau contretemps semble surtout, comme le précédent, avoir pour origine l'apport en nature que compte effectuer au préalable l'Etat brésilien. Il est en effet prévu que le Brésil apporte au groupe pétrolier quelque 5 milliards de barils de réserves de pétrole en échange d'actions. Or, les discussions viennent juste de débuter et elles promettent d'être animées, la valorisation de réserves étant un exercice particulièrement délicat. Le groupe lui-même a d'ailleurs confirmé à demi-mot les dissensions pouvant exister sur ce point. Dans un communiqué publié la semaine dernière, il a rappelé qu'il s'agira d'une «transaction commerciale» et a jugé «naturel que chaque partie cherche au travers des négociations à maximiser ses résultats».
Le gouvernement a déjà reçu des évaluations mais il a demandé à obtenir plus d'information pour prendre une position. En face, certains minoritaires de Petrobras ont également décidé d'agir. Selon la presse brésilienne, ils ont mandaté Barclays afin d'obtenir une expertise indépendante sur cette transaction à venir. Une fois ce sujet épineux réglé, la levée de fonds ne devrait en revanche plus connaître d'obstacle majeur. Petrobras a fait voter en juin dernier en assemblée générale les autorisations nécessaires.
En théorie, il peut émettre jusqu'à 2,4 milliards d'actions préférentielles et 3,2 milliards d'actions ordinaires. Soit aux cours actuels, un potentiel d'émission de 160 milliards de reais (90 milliards de dollars). Mais Petrobras a prévenu qu'il n'ira pas jusque-là, son objectif étant aussi de maintenir un ratio dette sur Ebitda inférieur à 2,5 (contre 1,7 aujourd'hui). Comme indiqué en mai, il devrait donc se contenter d'environ 25 milliards de dollars. De quoi financer une partie des 220 milliards de dollars d'investissements prévus jusqu'en 2014.