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Paris voit grand pour son marché obligataire |
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| Par Violaine Le Gall |
le 19/01/2010 |
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Les professionnels jugent ambitieux les projets de la France sur la dette corporate |
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Faire de Paris un marché incontournable sur les obligations d’entreprises européennes en euros, voici l’ambition du Haut comité de Place, dévoilée hier par la ministre de l’Economie, Christine Lagarde. A cet effet, 24 grands émetteurs obligataires français s’engagent à ranimer le marché primaire parisien en émettant 50% de leurs titres dans la capitale en 2011. Par ailleurs, les principaux intervenants sur le marché obligataire travaillent à la création d’une plate-forme européenne de négociation.
La relance du marché primaire du crédit mobilise la place de Paris depuis plusieurs mois déjà. Les autorités souhaitent en effet faire revenir dans la capitale les émetteurs français qui procèdent actuellement à 85% de leurs émissions depuis le Luxembourg. L’Autorité des marchés financiers ( AMF) a donc procédé à un certain nombre de modifications ces derniers mois pour faciliter les émissions depuis la France. Les efforts des autorités pourraient bientôt porter leurs fruits. De fait, 24 grands émetteurs français adhérents de Paris Europlace, se sont engagés à 50% de leurs émissions libellées en euro depuis Paris en 2011.
Un objectif ambitieux sachant que leur part est actuellement de 15%. Il faudra donc que les émetteurs et leurs banques chefs de file changent rapidement leurs habitudes.
Les ambitions du Haut comité de Place portent aussi sur le marché secondaire. La place de Paris veut créer une plate-forme européenne destinée à la négociation d’obligations et la mise en place d’une information post-négociation sur les transactions. «Il s'agit d'instaurer une véritable plate-forme d'échange qui permettra plus de clarté et de transparence», a expliqué Christine Lagarde. Pour assurer la réussite du projet, Paris Europlace a intégré dans son groupe de travail un large éventail d’entreprises parmi lesquelles des émetteurs, des investisseurs, des banques et intermédiaires boursiers et des entreprises de marché.
Pour l’heure, les transactions sur le marché secondaire sont principalement réalisées de gré à gré. Et plusieurs plates-formes de négociation ont déjà été lancées, telles que Tradeweb ou Bondvision. «Cette initiative va dans le bon sens, estime Philippe-Henri Burlisson, directeur des gestions fondamentales de Groupama Asset Management. Mais la mise en œuvre de cette nouvelle plate-forme posera un certain nombre de problèmes. Il faudra notamment unifier les plate-formes existantes pour qu’il n’en reste plus qu’une.»
Le succès de la plate-forme dépendra aussi de l’engagement des banques qui devront animer le marché. Or, cette activité est consommatrice de fonds propres. Et la diversité des obligations corporates rend l’activité de market-maker plus compliquée sur le marché du crédit que sur le marché des obligations souveraines.
Pour mener à bien ce projet, Paris Europlace a constitué trois ateliers sur la gouvernance, le reporting et le matching dont les travaux seront présentés le 11 mars. Ils permettront la constitution d’un cahier des charges sur la base duquel un appel d’offres auprès des fournisseurs d’informations et des gestionnaires de plates-formes, français ou étrangers, sera lancé au printemps. Nyse Euronext devrait y participer. L’objectif de Paris Europlace est, dans un premier temps, de faire fonctionner un prototype de plate-forme avec 300 lignes obligataires.
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