La transparence est le maître mot des rapports qui tirent les leçons de la crise. Il n'est donc pas étonnant que Paris-Europlace dans sa «stratégie offensive de sortie de crise» s'attaque à la question des produits dérivés traités de gré à gré. Hier matin, l'association rendait son rapport réalisé sous l'égide de Jean-François Lepetit. L'objectif est d'aboutir à des initiatives industrielles pour renforcer la transparence, la facilité d'évaluation et la robustesse de la filière des dérivés de gré à gré européens.
Tout l'enjeu pour l'Europe est de ne pas rester à la traîne, et pour la France, de conserver son rang en matière de dérivés actions. «Les Etats-Unis disposent d'un fossé compétitif car ils ont de l'avance sur la consolidation européenne», a expliqué en introduction Edouard de Lencquesaing, conseiller de Paris Europlace.
Point le plus marquant du rapport, Paris Europlace propose la création d'une Agence d'évaluation des produits dérivés (AEPD) qui facilitera l'accès aux données pour les entreprises et les investisseurs, grâce à une valorisation indépendante des contrats. «Ceci doit contribuer à la réduction de la dissymétrie perçue entre buy et sell sides» peut-on lire dans le rapport . Une pré-analyse doit être lancée afin de proposer un business model et une gouvernance appropriée pour une telle structure.
L'association souhaite aussi renforcer la coordination des initiatives françaises en matière d'infrastructures de marchés dérivés à travers un comité ad hoc sous l'égide de la Banque de France. «Il faut raccourcir les délais, en particulier pour le matching et l'usage des infrastructures de post-marché existantes», explique l'association. Elle propose par ailleurs de mettre en place au sein de la zone euro des chambres de compensation et des registres de transaction, qui permettront une valorisation comptable des contrats et une meilleure traçabilité des risques. L'ensemble des transactions OTC sera ainsi envoyé dans un référentiel à fréquence régulière. «L'objectif du référentiel de reporting est de permettre aux régulateurs de mesurer les encours des intervenants sur les dérivés OTC, de pouvoir faire des analyses du risque systémique et de veiller au bon fonctionnement des marchés», souligne l'association.
Contactés hier par L'Agefi, plusieurs membres du groupe de travail n'ont pas souhaité s'exprimer, disant n'avoir participé que de loin au rapport.