Le compte à rebours s'achève pour PAI Partners. Les souscripteurs du fonds V ont jusqu'à ce soir minuit pour se prononcer sur les deux propositions que leur a faites la société de capital investissement. Parmi ces grands investisseurs figurent BNP Paribas, Axa, Allianz ou le fonds singapourien GIC. Les résultats du vote, centralisés par l'avocat de PAI Partners à Londres, «seront connus vendredi dans l'après-midi», estime un proche du dossier.
Première question posée aux limited partners (LP): le fonds V doit-il rouvrir ? Le véhicule, d'une taille de 5,4 milliards d'euros, est en effet gelé jusqu'au 11 mars 2010 en raison du déclenchement de la clause d'homme clé (key man clause), liée au départ de son équipe dirigeante. Son président Dominique Mégret a été débarqué cet été en compagnie de son numéro deux, Bertrand Meunier, tandis que Lionel Zinsou a repris les rênes de PAI Partners. La majorité des deux tiers est requise pour que le fonds, aujourd'hui investi à 900 millions environ dans Atos Origin et Xella, retrouve dès vendredi sa liberté d'action.
Les investisseurs devront d'autre part se prononcer pour ou contre la division par deux de la taille du fonds, à 2,7 milliards d'euros, et la mise en place de nouvelle règles de gouvernance qui leur seront plus favorables. Points saillants de ces réformes: la suppression des commissions de montage facturées en sus des frais de gestion, une meilleure transparence financière, et une réduction – de 80 à 60% – de la majorité d'investisseurs nécessaire pour décider de l'ouverture ou de la fermeture d'un fonds. L'ensemble de ces propositions devra être adopté par 80% des LP au minimum.
Les discussions serrées entre PAI et ses investisseurs alimentent la chronique depuis plusieurs mois. Le fonds de pension canadien CCP, s'est trouvé à la pointe du combat contre l'actuelle équipe dirigeante. Et le résultat des votes s'annonce plus incertain que jamais.
Paradoxalement, le risque de rejet est jugé le plus élevé pour la première proposition, bien qu'elle nécessite un taux d'acceptation inférieur à la seconde. Le maintien jusqu'en mars du gel du fonds «est susceptible de fédérer davantage d'opposants», estime un proche du dossier. Les deux questions étant indépendantes, les LP peuvent tout à fait voter non à l'une et oui à l'autre.