L'heure est à l'optimisme dans les rangs de Nyse Euronext, après l'introduction en Bourse du géant russe Rusal sur les places de Paris et Hong-Kong. A l'occasion d'une conférence de presse célébrant l'année «France-Russie 2010», l'opérateur de marché transatlantique a estiméque l'opération constitue «un premier pas et beaucoup d'autres sociétés russes pourraient s'introduire à Paris ou New York».
Ronald Kent, vice-président exécutif de Nyse Euronext, souligne que deux grands thèmes pourraient dominer les IPO des groupes russes: les sociétés liées aux matières premières et celles fortement créatrices d'emplois, comme le secteur de la grande distribution. Le dirigeant confie que «la liste des prospects est longue». Il envisage ainsi de se rendre souvent en Russie où «les opportunités sont nombreuses».
La Chine pourrait également se tourner vers Nyse Euronext. Ronald Kent indique avoir reçu de nombreuses demandes d'informations de la part de sociétés chinoises qui envisagent une cotation sur les places européenne et américaine, un mouvement qui s'est accentué au lendemain de l'IPO de Rusal, affirme le vice-président exécutif.
Le dirigeant indique toutefois «depuis deux semaines les investisseurs sont plus prudents. Trois thèmes macroéconomiques majeurs ont suscité de la vigilance: le plan Volcker aux Etats-Unis, le frein sur les prêts bancaires en Chine et les difficultés connues par certains pays européens et notamment la Grèce. Dans ce contexte, les IPO prévues ont été reconsidérées, certaines ont échoué ou se sont faites à un prix d'introduction inférieur aux prévisions».
A plus long terme, Ronald Kent se dit néanmoins «optimiste mais prudent» car «après avoir connu la crise la plus importante depuis 1929 et un ciel couvert de nuages, nous apercevons désormais des éclaircies». Le salut pourrait venir des pays émergents, que le rachat d'Euronext par le Nyse était censé attirer à Paris.En vain: la France ne figure pas parmi les dix premières places mondiales d'IPO en 2009.
Concernant le choix de Rusal de s'introduire à Paris et non à Londres par exemple, le dirigeant explique que «Nyse Euronext est le plus grand et le plus liquide groupe boursier au monde. Avec NYSE Euronext, !es investisseurs disposent des atouts du marché londonien et d'avantages supplémentaires». Reste que Rusal s'est aussi détourné de Londres en raison des problèmes judiciaires de son patron Oleg Deripaska outre-Manche.