Nyse Euronext est le premier. La bourse a décroché hier le satisfecit du Comité Cassiopée pour sa solution de plate-forme de négociation sur les obligations corporate. Le groupe avait déposé le mois dernier son dossier de candidature, en réponse au document d'expression des besoins publié par le Comité le 26 avril dernier au terme de travaux associant banques, courtiers, émetteurs et investisseurs.
Le projet est porté par la Place de Paris depuis novembre 2009. L'idée est de créer une ou plusieurs plates-formes qui permettront de traiter les obligations d'entreprises libellées en euros sur un marché organisé, et d'accroître ainsi la liquidité et la transparence du marché secondaire.
«Au démarrage des transactions, la plate-forme centralisera les intérêts vendeurs et acheteurs des signatures les plus traitées, disposant d'un encours supérieur ou égal à 500 millions d'euros et émises par des entreprises internationales notées investment grade», indique Nyse Euronext dans son projet. L'opérateur boursier va pouvoir démarrer ses développements, basés sur son outil UTP. Il espère lancer sa solution, compensée par LCH.Clearnet, début février 2011.
Plusieurs points restent à préciser, selon Cassiopée: la «publication simultanée des prix et des spreads calculés en temps réel», et la «description précise des rôles respectifs des comités qui participeront à la gouvernance de la plate-forme». La question de tarifs préférentiels accordés aux participants les plus actifs semble aussi diviser les membres du Comité, les investisseurs souhaitant notamment en être les bénéficiaires ultimes. «Pour encourager la liquidité sur le marché, Nyse Euronext a suggéré d'offrir une remise tarifaire aux intervenants qui alimentent le carnet d'ordres sur le principe avéré du 'maker-taker'», souligne Philippe Musette, directeur des marchés de taux pour l'Europe chez Nyse Euronext.
Nyse Euronext n'est pas le seul à faire offre de service. «La Place de Paris est ouverte à d'autres propositions», indique Paris Europlace. Pour Sylvain de Forges, président du Comité Cassiopée, «il y a de la place pour plusieurs plates-formes». Un deuxième dossier est déjà en cours d'examen –on parle de l'américain MarketAxess– avec une décision attendue dès cette semaine, pour la dernière réunion du Comité, sinon en septembre. Et les promoteurs du projet espèrent au minimum une troisième candidature.