Les biotechs continuent à se présenter aux portes de la bourse parisienne malgré de récentes déceptions. Début avril, Neovacs (immunothérapie) avait dû réduire drastiquement sa levée de fonds de 20 à 10 millions d'euros. Depuis sa cotation le 21 avril sur Alternext, l'action Neovacs cède près de 27%, sous-performant le SBF 120 de près de quinze points. Toujours en avril, AB Science (oncologie), avait également dû restreindre ses ambitions. L'opération, par cession de titres, a atteint 31,6 millions d'euros, loin des 55,5 millions prévus initialement. Depuis sa cotation sur le compartiment B, le 22 avril, le titre AB Science limite son recul à moins de 7%. Et si Deinove, biotechnologique spécialisée dans les carburants verts, est parvenue à lever 12 millions d'euros comme prévu, son action perd 24%, depuis son introduction sur Alternext fin avril.
Ces parcours cahoteux n'ont pourtant pas refroidi les ardeurs d'autres acteurs du monde des biotechnologies. Ainsi Carmat, qui développe le cœur artificiel français, lève actuellement et jusqu'au 6 juillet 15 millions d'euros sur le marché, pour une première cotation sur Alternext le 7 juillet et le début des négociations le 13 juillet.
La pharmatech Novagali (ophtalmologie), qui avait dû renoncer à son projet de cotation début 2008, retente aussi sa chance, fort d'un portefeuille avancé (deux produits en phase III, un en phase II, et un en phase I) et d'un produit déjà commercialisé. Bryan Garnier dirige l'IPO. Novagali vise une rentabilité durable dès 2013. Depuis hier et jusqu'au 19 juillet, elle offre 3,8 millions d'actions nouvelles, dans une fourchette indicative de 5,80 à 6,80 euros. La pharmatech compte ainsi lever de 22 à 29 millions d'euros. Ce montant permet à la société de poursuivre son développement jusqu'en 2013, mais Novagali compte bien signer rapidement des accords avec de grands laboratoires pharmaceutiques.
Le prix sera fixé le 20 juillet, avec un début des négociations le lendemain sur le compartiment C d'Euronext Paris. La capitalisation frôlerait alors les 100 millions d'euros. Si le premier actionnaire, CDC Innovation (18,7% du capital) devrait se faire diluer à 7,7%, les principaux autres se sont engagés à participer à l'opération. Il s'agit d'Edmond de Rothschild IM (14,4% à l'issue de l'offre), Auriga Partners (13,3%), AGF (10,6%) et Siparex (7,4%). Le flottant devrait atteindre 22,3%.