En dépit d'un contexte général de baisse d'activité sur produits dérivés listés, Newedge a vu son leadership se renforcer en 2009. C'est ce qu'a annoncé Patrice Blanc, le président du groupe de courtage vendredi, lors d'un point presse. Ses volumes traités n'ont décliné que de 7%, contre -22% pour ceux traités sur Eurex et -21% pour ceux traités sur le Chicago Mercantile Exchange. La société a aussi vu ses revenus de trésorerie sur les dépôts des clients décliner à cause des bas niveaux de taux d'intérêt.
Cependant, la bonne tenue des activités sur produits de taux, devises et matières premières - grâce une forte volatilité des devises et des spreads larges sur les taux - a permis de compenser les effets de la baisse de sa marge sur les dépôts. Ce qui a permis à la part de marché de Newedge de passer, tout de même, de 10,6% à 11,6% sur les dérivés listés.
Après deux années d'intégration, la filiale de Crédit Agricole SA et de la Société Générale cherche à mieux répondre aux besoins des clients et favoriser l'accès à une liquidité mondiale sur ses produits. La société basculera en juillet d'une organisation par région (Amérique, Europe / Moyen-Orient et Asie Pacifique) vers une organisation par lignes de métiers mondiales reposant sur quatre pôles: l'exécution sur options et futures financiers, les produits de taux, de change et de matières premières (FICC), le prime brokerage, et enfin, les services de compensation et de négociation professionnelle. Après avoir bénéficié depuis 2008 d'un afflux de clientèle, Newedge est à présent plus vigilant sur les coûts et dans le choix de ses contreparties vu que les marchés restent fragiles et soumis à des changements réglementaires.
Newedge veut aussi capitaliser sur ce nouvel environnement. Selon le groupe, le déplacement des produits de gré à gré (OTC) vers la compensation centrale crée des opportunités pour les brokers indépendants qui opèrent déjà sur les produits dérivés listés. Il se dit bien positionné pour répondre à la demande d'une clientèle devenue plus alternative (traders haute fréquence, hedge funds, PTG...) et moins traditionnelle (comptes propres des banques). En 2010, Patrice Blanc s'attend ainsi à ce que la baisse des volumes observée en 2009 s'interrompe, notamment avec le soutien du phénomène de standardisation des dérivés.