Les résultats de Natixis ont pris le marché de court: le titre a ouvert hier en hausse de 4,2%, avant de chuter en fin de séance. Plusieurs éléments ont pu conforter les investisseurs. La banque de gros du groupe BPCE affiche un bénéfice net de 748 millions d'euros au quatrième trimestre (contre une perte de 1,6 milliard un an plus tôt), nettement supérieure aux consensus d'analystes. La perte sur 2009 atteint 1,7 milliard, contre 2,7 milliard en 2008.
Cet écart s'explique en partie par l'intégration de 498 millions d'euros d'éléments non récurrents. Le reclassement des 6,2 milliards d'euros de titres super-subordonnés en capital (qui ne pèsera plus sur le produit net bancaire) a généré un gain comptable de 398 millions. Apparemment anecdotique, ce reclassement réduira sensiblement le coût de financement de la banque: selon les analystes de Credit Suisse, il devrait avoir un effet positif de 500 à 600 millions sur le PNB à l'horizon 2012.
Autre élément exceptionnel, l'activation d'impôt différé a rapporté 302 millions, provenant principalement du rachat d'intérêts minoritaires dans Natixis Global Asset Management. L'impact négatif du Credit Portfolio Management (87 millions) est en forte diminution par rapport au troisième trimestre (143 millions). Malgré tout, le bénéfice net récurrent de Natixis (296 millions) reste supérieur aux prévisions.
«La mise en place de la garantie de BPCE sur le portefeuille de crédit de la [structure de cantonnement des actifs à risque] GAPC a clairement eu un effet stabilisateur sur les résultats», en concluent les analystes crédit de Tullett Prebon. Natixis a également réduit son profil de risque. Les provisions ont reculé de moitié sur l'année (à 1,5 milliard). Au dernier trimestre, elles représentent 35 points de base des encours pondérés. Le montant des créances douteuses a reculé de 5% (à 3,8 milliards) au quatrième trimestre par rapport au précédent, tandis que leur couverture est passée de 75% à 81%. «Natixis a rassuré sur les éléments décevants du troisième trimestre», souligne Credit Suisse.
Concernant l'avenir, le plan stratégique à 2013 a réservé quelques surprises. Les prévisions initiales de PNB établies pour 2012 ont été revues à la hausse: de 6,1 milliards d'activités non stratégiques exclues, la direction table désormais sur 6,7 milliards, notamment grâce à 400 millions de synergies de revenus avec les réseaux de BPCE.