Natixis donne un coup de fouet à ses revenus grâce à une astuce comptable

La banque n'enregistre plus le coût de sa dette hybride en compte de résultat, ce qui accroîtra son PNB de 600 millions d'euros par an

Par Alexandre Garabedian le 01/03/2010 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

Comment augmenter de 600 millions d'euros par an de manière récurrente son produit net bancaire (PNB)? Grâce à un jeu d'écritures comptables, a répondu Natixis le 25 février lors de la publication de ses résultats annuels. La banque a en effet reclassé au quatrième trimestre 2009 pour 6,7 milliards d'euros de titres super subordonnés (TSS), considérés jusqu'à présent comme de la dette hybride, en capitaux propres.

Jusqu'au dernier trimestre, les coupons que paye Natixis sur ces instruments étaient enregistrés dans le compte de résultat en déduction du PNB. La baisse de résultat affectait ensuite les fonds propres. Avec la nouvelle méthode, les coupons payés sont considérés comme des dividendes et amputent directement les fonds propres du groupe, sans passer par le compte de résultat.

Pour les analystes de Credit Suisse, Natixis enregistrera donc désormais «environ 400 millions d'euros d'économies annuelles après impôt de coût de financement». Même calcul chez Oddo Securities: «le reclassement aura un impact positif chaque année de 600 millions d'euros de revenus et de 398 millions d'euros en résultat net». Un dernier montant que Natixis a déjà pris en compte au quatrième trimestre pour afficher un bénéfice net de 748 millions.

La filiale de BPCE n'a fait toutefois que s'aligner sur ses concurrents. BNP Paribas et la Société Générale traitent déjà leurs TSS de cette manière depuis des années. Selon les calculs de Credit Suisse, les deux banques s'épargneraient ainsi respectivement 335 millions et 288 millions de charges de financement dans leur compte de résultat.

Pour Natixis, engagée en plein redressement, les enjeux sont conséquents. Mais les objectifs de croissance du PNB des métiers «cœur» de la banque, de 4,9 milliards en 2009 à 7 milliards en 2013, excluent pour l'essentiel cet effet comptable, pris en compte dans la division «non core». Pour 2012 en particulier, seul le surcroît de synergies dégagées avec les réseaux Banques Populaires et Caisses d'Epargne explique le relèvement de l'objectif de revenus, annoncé fin août à 6,4 milliard et jeudi dernier à 6,7 milliards. «Il pourrait y avoir un impact marginal du reclassement de TSS sur les métiers, à travers des refacturations par exemple», indique-t-on chez Natixis.

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