Quelques jours après l'annonce de sa décision de fermer «Neuro», sa plateforme multilatérale de trading actions, Nasdaq OMX veut tourner la page. «Bien sûr, cela a été une déception», explique à L'Agefi Jenny Rosberg, senior vice-president, de passage à Bruxelles. Mais «quand on parle de notre présence en Europe, il faut rappeler que l'on opère plusieurs marchés réglementés et toute une série d'activités connexes depuis Londres».
Au premier trimestre, le trading et le clearing de ses sept marchés régulés, y compris Stockholm, ont représenté 43% de revenus en léger recul à 360 millions de dollars. Les services de marché, y compris les données, pesaient un quart des revenus, les services aux émetteurs et la technologie, distribuée dans soixante-dix Bourses dans le monde, respectivement 23% et 9%.
Comme les autres opérateurs de marchés régulés, Nasdaq OMX reconnaît évoluer dans un contexte de «concurrence féroce» mais ne voit pas la concentration, très vive outre-Atlantique, comme une fatalité. «L'Europe est différente», estime Jenny Rosberg.
L'année écoulée a été «rude», pour les activités de cotations (listings) dont Jenny Rosberg a la responsabilité en Europe. Si «le pipeline est bon», tout dépendra de l'évolution du marché dont l'instabilité actuelle compromet toute introduction. Elle se dit «prudemment optimiste» pour les mois à venir, forte de la reprise perceptible au premier trimestre.
Nasdaq OMX estime qu'«il y a beaucoup de choses à faire» pour améliorer le financement des PME prometteuses, saluant au passage les propositions récentes de la ministre de l'Economie, Christine Lagarde. Il faut cependant éviter la surrégulation des marchés de valeurs de croissance, telles First North Growth, l'AIM londonien et Alternext (Nyse Euronext), estime la dirigeante scandinave, assurant que les Bourses font bien leur travail d'accompagnement des valeurs à potentiel vers les marchés organisés.
Le problème réside plutôt dans le manque d'appétit des investisseurs. «Il faut voir comment faciliter l'investissement des institutionnels et des fonds actions» attirés actuellement par les valeurs de père de famille. Une harmonisation de la définition des PME qui permette de clarifier les «incitations» aux investisseurs serait un premier pas dans la bonne direction.