Le bénéfice net du premier réassureur mondial s'élève à 709 millions d'euros sur le deuxième trimestre 2010, soit une hausse de 3% en glissement annuel et de 47% par rapport au premier trimestre. C'est beaucoup plus que ne le prévoyait le consensus, qui tablait sur 501 millions d'euros de bénéfice net au mieux. Au total, plus de 1 milliard d'euros de bénéfice aura été réalisé au premier semestre 2010.
Cette performance est principalement imputable aux gains issus de ses investissements, supérieurs à ce qui avait été anticipé, qui se chiffrent à 2,6 milliards sur le deuxième trimestre, soit 400 millions de plus que les attentes du consensus. Sur la première moitié de l'année, le total de ces recettes s'établit à 5,1 milliards d'euros (près de 43% de hausse en glissement annuel). Elles viennent ainsi compenser des pertes liées à des demandes d'indemnisations plus élevées que prévu, dues notamment aux tremblements de terre en Haïti (janvier), au Chili (février) et en Chine (avril), ainsi qu'à la catastrophe naturelle provoquée par l'explosion de la plateforme pétrolière Deepwater Horizon dans le Golfe du Mexique.
Grâce à un ratio de rétention plus élevé qu'espéré (99,7% contre 96% selon les prévisions de CM-CIC), les primes nettes se sont elles aussi chiffrées plus haut que prévu à 10,9 milliards d'euros. Toutefois, bien qu'en baisse, le ratio combiné des activités de réassurance du groupe s'élève encore à 103,8%, toujours à cause des coûts des catastrophes naturelles. Concernant les activités d'assurance directe, le ratio atteint cette fois 94,5%.
En tout cas, contrairement aux craintes de certains analystes, Munich Re maintient son objectif de bénéfice net annuel. «Nous avons pour objectif de faire un bénéfice de plus de deux milliards d'euros en 2010, ce qui est ambitieux, mais réalisable», a ainsi confirmé Nikolaus Von Bomhard, PDG du groupe, «si la saison des ouragans ne s'avère pas particulièrement difficile», ont ajouté les analystes de CM-CIC.
«Dans l'ensemble, ces résultats confirment le statut de Munich Re comme groupe conservateur et bien géré», selon les analystes de Helvea. De plus, il semble que «la détérioration des prix touche à sa fin dans le secteur de la réassurance», selon ces mêmes analystes, même s'il faudra attendre janvier 2011 pour en avoir confirmation.