Les coûts engendrés par les catastrophes naturelles cette année ont été bien moindres qu'en 2008, mais le nombre de ces sinistres excède la moyenne des dix dernières années, confirmant la tendance à la multiplication des événements climatiques. C'est en tout cas ce qui ressort des estimations annuelles de Munich Re.
Selon le groupe allemand de réassurance, l'ensemble des coûts liés aux catastrophes en 2009 devrait être d'environ 50 milliards de dollars (35 milliards d'euros), contre 200 milliards l'an dernier. Les dommages assurés représentent eux 22 milliards de dollars, contre 50 milliards en 2008. Ces chiffres sont quasiment similaires à ceux publiés par Swiss Re fin novembre.
Le recul proportionnellement plus faible des dommages couverts s'explique notamment par la survenance du tsunami dans l'océan Indien l'année dernière, qui a touché les zones émergentes, traditionnellement moins assurées. C'est ainsi que se répète la « règle » selon laquelle les catastrophes les plus onéreuses pour les assureurs sont loin d'être les plus coûteuses en vies humaines. Ainsi, la tempête hivernale Klaus, qui a frappé le nord de l'Espagne et le sud-ouest de la France en janvier, a été l'événement le plus coûteux cette année, avec trois milliards de dollars de dommages assurés pour un coût global de 5,1 milliards.
La tendance des dix dernières années fait ressortir des dommages assurés moyens de 36 milliards –un montant bien supérieur à celui de 2009. Le recul notable d'une année sur l'autre n'exclut pas une aggravation de la situation sur la longue durée. Le groupe a comptabilisé 850 événements ayant occasionnés des coûts significatifs, contre une moyenne de 770 ces dix dernières années. « Il ne faut pas se tromper, prévient Peter Höppe, responsable de la recherche sur les géo-risques pour Munich Re. En dépit du faible nombre d'ouragans majeurs et d'autres mégacatastrophes, on a compté un nombre important d'événements naturels relativement sévères. En particulier, la tendance vers une augmentation des catastrophes liées au climat se poursuit, pendant que la probabilité de survenance de risques géophysiques, comme les tremblements de terre, se maintient. »
Le réassureur bavarois a ainsi regretté l'absence d'avancée significative au sommet climatique de Copenhague.