Munich Re se montre sélectif dans ses renouvellements de contrats

Les volumes au 1er janvier ont diminué de 6,7 %. Le réassureur vise 2 milliards d'euros de résultat net cette année, contre 2,56 milliards en 2009

Par Alexandre Garabedian le 03/02/2010 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 
Munich Re se montre sélectif dans ses renouvellements de contrats

Munich Re se montre sélectif dans ses renouvellements de contrats

Warren Buffett a-t-il eu le nez creux ? Le milliardaire américain, qui vient de prendre 5% de Munich Re à travers sa holding Berkshire Hathaway, commence déjà à récolter les fruits de son investissement. Le numéro un mondial de la réassurance a en effet proposé mardi de relever son dividende de 5,50 à 5,75 euros après la publication d'un résultat annuel meilleur que prévu.

Le bénéfice net du groupe au quatrième trimestre a atteint 780 millions d'euros, dépassant de loin le consensus Reuters de 602 millions. Cette bonne performance est avant tout à mettre au crédit d'un faible niveau de sinistres entre octobre et décembre, qui s'est traduit par un très bon ratio combiné (sinistres et frais de gestion sur primes) de 92,5% dans la réassurance et de 90% chez la filiale d'assurance primaire Ergo. Le résultat financier s'est également révélé supérieur de 260 millions d'euros au consensus, à 2,1 milliards.

Au total, sur l'ensemble de 2009, Munich Re a engrangé 2,56 milliards d'euros, contre 1,58 milliard l'année précédente.

Cette publication est cependant entachée d'un bémol. Alors que le groupe a encaissé 10,4 milliards de primes au quatrième trimestre, les volumes de renouvellements de contrats au 1er janvier, qui concernent les deux tiers du portefeuille de réassurance dommages, ont reculé de 6,7%. Cette baisse reflète pour 6,4 points un moindre appétit pour le risque de Munich Re, et pour 0,3 point un recul des prix, inférieur à celui du marché.

Il est certes difficile de reprocher au groupe de se montrer sélectif. «Nous jugeons positif que Munich Re n'ait pas souscrit d'affaires non profitables et ait donc réussi à stabiliser ses tarifs, reconnaît Philipp Hässler, analyste chez Equinet. Mais le moindre volume aura un effet négatif sur les résultats». Même constat pour les experts de Raymond James : «L'année 2010 s'ouvre sur des renouvellements en demi-teinte et une pression sur les rendements financiers qui devraient passer sous les 4%, contre 4,3% en 2009.»

Joerg Schneider, le directeur financier de la compagnie, l'a d'ailleurs reconnu hier. Il estime «plutôt peu probable» que Munich Re réédite sa performance de 2009, et vise un niveau de résultat net de 2 milliards d'euros en 2010. Une prudence qui explique l'absence de réaction du titre à l'annonce de la hausse du dividende.

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