Morgan Stanley subirait de plein fouet la déconfiture de l'immobilier commercial

Le fonds MSREF VI International aurait selon le « Wall Street Journal» perdu deux tiers de sa valeur pendant la crise, soit 5,4 milliards de dollars

Par Benoît Menou le 15/04/2010 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

Un fonds de capital investissement de Morgan Stanley, MSREF VI International, subirait aujourd'hui selon le Wall Street Journal (WSJ) une perte des deux tiers de sa valeur depuis son lancement en 2007, soit 5,4 milliards de dollars (61% des 8,8 milliards engagés alors, au plus haut du cycle). Le quotidien assure que les investisseurs en ont récemment été avertis par un rapport de gestion trimestriel. Une information confirmée par une source proche citée par Bloomberg, tandis que la banque souhaite rester muette sur le sujet, se bornant à souligner sa capacité à investir «tout au long des différents cycles».

Elle ne pourra sans doute pas faire l'économie d'une information à l'occasion de la publication des comptes du premier trimestre attendue mercredi prochain, le 21 avril.

Il s'agirait selon le quotidien de la plus importante perte jamais subie par un fonds dans le private equity immobilier. Le fonds dispose d'actifs dans le monde entier, les pertes latentes provenant notamment d'un projet majeur à Tokyo ou des hôtels InterContinental en Europe. La valeur de la mise de 77 millions d'euros sur l'Eurotower, le siège de la BCE à Francfort, aurait cédé 90%.

L'engagement propre de Morgan Stanley et de ses salariés atteindrait 20% du fonds, le WSJ indiquant que la banque a déprécié en totalité sa participation dès la mi-2009. Mais le risque de réputation est aussi réel, dans un contexte périlleux de levées de fonds (le WSJ croit savoir que la banque est parvenue à obtenir des engagements de 5 milliards de dollars pour le fonds MSREF VII, deux fois moins qu'espéré).

Surtout, Aurel relève que la situation du fonds MSREF VI peut «faire craindre le pire pour la valorisation du secteur immobilier». Déjà le WSJ évoque un niveau relatif de pertes comparable à fin septembre 2009 pour un fonds de 10,9 milliards de Blackstone à moitié investi. Raymond James anticipe un «impact négatif» de ce risque immobilier connu mais qui «n'était pas encore matérialisée pour des montants significatifs».

Et le courtier souligne que le risque pèse aussi sur les établissements qui ont financé le levier du fonds et qui vont «se retrouver porteurs des actifs en exercice des garanties». Raymond James évalue ce risque à 1,9 milliard de dollars pour des prêteurs pressentis tels que RBS, Barclays Capital (cités par le WSJ), Commerzbank ou UniCredit (via HVB).

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