Goldman Sachs, connu pour dévoiler des performances meilleures que ses concurrents, avait suscité mardi la déception sur ses résultats au titre du deuxième trimestre 2010. Ceux publiés mercredi par Morgan Stanley n'en ont eu que plus d'éclat. La banque américaine a en effet annoncé un bénéfice net de 2 milliards de dollars, contre 149 millions de dollars un an plus tôt.
Le bénéfice par action est ressorti à 1,1 dollar. En ne prenant pas en compte l'intégration des activités de courtage, rachetées à Citigroup, de Smith Barney, ce bénéfice s'est établi à 0,8 dollar, là où les analystes ne misaient que sur 0,5 dollar, selon un consensus Bloomberg.
Le produit net bancaire de Morgan Stanley a crû de 53% à 8 milliards de dollars, porté par les activités de trading, qui avaient notamment constitué le point sensible de la publication de Goldman Sachs. Dans le trading actions notamment, Morgan Stanley a enregistré une hausse de 82% de son activité à 1,4 milliard de dollars, là où ses concurrents Goldman Sachs et JPMorgan ont totalisé respectivement 1,2 et 1 milliard de dollars de revenus.
Morgan Stanley a été récompensé pour sa prise de risque, la VaR (Value at Risk, utilisée pour mesurer le risque de marché d'un portefeuille) s'étant établie sur le trimestre à 139 millions de dollars, contre 136 millions pour Goldman Sachs.
Dans la banque d'investissement, les revenus ont chuté de 15% à 1,1 milliard de dollars, affectés par le recul des marchés primaires dette et actions qui ont chuté de 30%.
Morgan Stanley s'est acquitté de la taxe sur les bonus mise en place cette année au Royaume-Uni pour 361 millions de dollars.
Bémol de cette publication, la banque américaine a indiqué qu'elle ne réaliserait pas les objectifs fixés pour son pôle de gestion de fortune, mettant en cause la débâcle des marchés financiers en mai. Avec des revenus de 1,9 milliard de dollars, peu comparables avec ceux de l'année précédente en raison de l'intégration de Smith Barney, le pôle a dégagé une marge bénéficiaire de 7%, contre 9% trois mois plus tôt et 15% prévus d'ici à la fin de l'année. L'objectif d'une collecte de plus de 20 milliards de dollars cette année est également reporté, la division de gestion de fortune ayant enregistré une décollecte de 5,5 milliards de dollars au deuxième trimestre, contre une collecte nette de 9,3 milliards au premier.