Spéculation sur les CDS, taxe «systémique» sur les banques, limitation des ventes à découvert: tous ces sujets ont largement alimenté la chronique ces dernières semaines. Ils ont fait passer au second plan la question d'une relance de la titrisation, pourtant tout aussi fondamentale, notamment pour le financement de la croissance des économies développées.
Mario Draghi, le président du Conseil de stabilité financière (FSB), l'a rappelé hier, alors que l'institution se réunit pendant deux jours pour plancher sur les réformes financières dans le monde. «Dans les deux à trois ans, un montant considérable de dette privée va arriver à échéance et devra être renouvelée, a rappelé le gouverneur de la Banque d'Italie. Nous travaillons sur la manière de ré-inciter le système bancaire à se financer sur des maturités plus longues, et dans la même logique à la façon de relancer les circuits de la titrisation».
Le secteur est aujourd'hui au point mort, à de rares émissions près: Santander vient ainsi de placer des titres adossés à des prêts hypothécaires au Royaume-Uni. Il n'y a pas encore urgence, les banques se finançant pour l'instant à des conditions très favorables auprès des banques centrales. «C'est le bon moment pour préparer un contrat qui soit le plus standardisé possible», a poursuivi Mario Draghi.
Le président du FSB a par ailleurs rappelé les axes de travail du Conseil de stabilité. Premier point, outre Bâle 2: la question des institutions financières systémiques et du «too big to fail». Alors que différentes propositions sont sur la table – règles Volcker aux Etats-Unis, taxe servant à abonder un fonds –, «attendre sur ce sujet une seule mesure pour le monde entier serait impossible car nous avons différents pays et différentes histoires», a souligné le banquier central.
Sur le deuxième chantier, la régulation des marchés de gré à gré, Mario Draghi a réitéré l'importance d'une compensation centralisée pour certains dérivés. «A chaque fois qu'une chose a une implication systémique, vous pouvez parier qu'elle sera soumise à une régulation systémique», a-t-il répondu à une question sur les CDS. Les ministres de l'Union européenne débattront le 16 mars des credit default swaps.
Enfin, le FSB dressera fin mars un premier bilan sur les bonus bancaires, et l'application faite par chaque régulateur des principes édictés dans la foulée du G20 de Pittsburg fin 2009.