En s'associant pour créer à parité un réseau d'opticiens agréés baptisé Kalivia - en fait, un label - Malakoff Médéric et Harmonie Mutuelles (Harmonie) cherchent à contenir l'inflation des coûts dans le domaine des frais de santé. «Face aux marges considérables réalisées par les opticiens, l'objectif pour l'assureur est de créer une capacité d'achat lui permettant d'être crédible. Les opticiens ont alors le choix d'intégrer le réseau en révisant leurs tarifs et ainsi bénéficier d'un apport de volume d'affaires ou de rester indépendants, en renonçant à un flux d'activité», explique Cyrille Chartier-Kastler, président de la société Facts & figures.
En dirigeant ses assurés vers des opticiens agréés, Malakoff Médéric, groupe de protection sociale comptant 2 millions de personnes protégées en santé, vise une économie de plus de 30% sur les verres et 10% sur les montures. Harmonie Mutuelles, premier pôle mutualiste en France avec notamment 4 millions d'adhérents dans l'assurance santé, prévoit entre 25 et 30 % d'économie pour ses assurés allant chez les opticiens libéraux. «L'optique et l'orthopédie représentent en effet un poste non négligeable pour l'assureur, à savoir quelque 10% des prestations versées en santé sur les contrats individuels et 20% sur les contrats collectifs», relève Cyrille Chartier-Kastler, se basant sur les comptes nationaux de la santé à fin 2007.
«L'assureur est ici dans son rôle d'acheteur et de conseiller de l'assuré. Ce qui se fait dans l'assurance automobile, via la création de réseaux agréés et la négociation de pièces détachées et de main d'oeuvre, est en train d'être répliqué à l'assurance santé, qui ne faisait auparavant que rembourser à l'aveugle», indique le consultant.
Cette démarche commune dans l'optique, qui devrait être opérationnelle en mai chez Malakoff Médéric et début 2011 chez Harmonie Mutuelles, «a vocation à s'étendre à d'autres professions de santé. (...) Des réflexions sont menées autour de l'audition et du dentaire», indiquent les deux groupes.
«Ce développement a beaucoup de sens pour les prothèses auditives, où le marché est très peu concurrentiel avec des marges conséquentes et répond à un vrai besoin appelé à perdurer. C'est plus difficile dans le domaine dentaire, où le patient est plus craintif et hésitera par exemple à acheter une prothèse qui vient de Chine», relève Cyrille Chartier-Kastler.