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Lonestar obtient IKB pour un prix symbolique

le 22/08/2008
Repreneur de plus de 90% du capital de la banque allemande en déroute, l’investisseur américain bénéficie de nouvelles garanties de l’Etat
Désormais c’est officiel. Le fond américain de capital-investissement Lone Star rachète à la banque publique allemande KfW 90,8 % de sa filiale IKB. Le prix de vente n’a pas été révélé, mais il se situe largement en-dessous des 800 millions d’euros demandé initialement par le gouvernement allemand. L’un des directeurs de KfW, Wolfgang Kroh, a parlé d’une somme supérieure à 100 millions d’euros. Il a ajouté que le prix de la transaction était «approprié et positif» même si les attentes initiales pour le prix de vente n'ont pas été remplies.


Pour le groupe KfW la vente entraîne une charge supplémentaire car la banque publique apportera 1,3 milliard d’euros de garanties au portefeuille des créances douteuses d’IKB dont le montant total s’élève à 4,6 milliards. Le sauvetage de cette banque, initialement spécialisée dans le financement de PME et première grande victime européenne de la crise des crédits, a déjà englouti 9,8 milliards d’euros dont 8 ont été apportés par KfW. Le patron de Lone Star Allemagne, Karsten von Köller, a promis de conserver le nom et l’indépendance de cet établissement. Mais Lone Star devra procéder à une recapitalisation d’IKB, exsangue, afin de permettre une poursuite de ses activités. «Mon sentiment est que nous aurons besoin d’au moins deux années pleines pour remettre IKB sur les rails», a expliqué Karsten von Köller, soulignant que le redressement de la banque constitue «un défi gigantesque».


Lonestar veut aussi entrer en pourparlers avec la banque Sal. Oppenheim pour lui racheter sa part de 9,2 % dans IKB. L’investisseur américain n’exclut pas de procéder à des suppressions d’emplois mais affirme que «cette mesure n’a pas la priorité absolue». Pour Lone Star le rachat d’IKB est déjà la troisième transaction dans la finance allemande, après la prise de contrôle successive en 2005 de deux établissements hypothécaires également en déroute. Dans les deux cas l’investisseur est parvenu à redresser leurs comptes. A Berlin la vente de la banque a également été accueillie avec soulagement. La crise d’IKB avait suscité de vives critiques à l’égard du ministre des Finances, Peer Steinbrück, auquel on avait reproché l’utilisation de fonds publics pour sauver un établissement bancaire privé. Il est vrai qu’au moment de l’éclatement de la crise l'été dernier la participation de KfW et donc de l’Etat dans IKB ne dépassait pas les 47 %.

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