Cette fois, Lone Star a bel et bien enclenché le processus de cession de la Korea Exchange Bank (KEB). Le capital-investisseur américain a notifié hier à la sixième banque du pays du Matin-Calme son intention de vendre sa participation de 51%. La Bourse valorise celle-ci à 4.400 milliards de wons (3,9 milliards de dollars, soit 2,86 milliards d'euros).
Ce serait donc la fin d'un épuisant feuilleton pour Lone Star, qui cherche à céder ses parts depuis 2006. Mais de nombreuses péripéties judiciaires l'en ont empêché (lire L'Agefi du 31 décembre 2009). L'investisseur américain était entré en discussion avec Kookmin Bank en 2006, pour un montant de 7,3 milliards de dollars, puis avec la britannique HSBC, pour 6,3 milliards deux ans plus tard. Ces transactions avaient avorté. Tout juste Lone Star avait-il pu céder 13,6% de son actif à plusieurs investisseurs en 2007.
Fin décembre, le dernier verdict de la Haute Cour d'appel de Séoul (qui innocentait deux responsables coréens accusés d'avoir volontairement sous-évalué KEB lors de son acquisition par Lone Star en 2003) a été perçu comme une porte ouverte à l'actionnaire majoritaire. Faciliter l'opération permettrait aussi de donner un prix de marché, alors que l'Etat coréen est actionnaire de deux institutions, Woori Finance et Korea Development Bank (KDB).
L'aventure a cependant découragé les prétendants étrangers, ce qui n'est pas pour déplaire aux autorités. Toutefois, les porte-parole de KEB ont précisé que le dossier serait proposé à des investisseurs locaux et étrangers. «Lone Star peut avoir à céder ses parts à un prix modique s'il veut vraiment sortir de KEB: il est en effet peu probable que beaucoup d'étrangers participent à l'appel d'offres, étant donné que la valorisation de KEB est déjà élevée», a déclaré à Reuters Park Jung-hyun, analyste chez Hanwha Securities. Ceci dit, même au prix du marché, une vente serait une bonne affaire pour Lone Star: il avait acquis KEB pour 1,3 milliard de dollars.
Pour l'instant, trois établissements font figure de repreneurs potentiels: Kookmin Bank, Hana Financial Group et KDB, détenue par l'Etat. Les deux premiers avaient déjà fait connaître leur intérêt pour KEB l'année dernière et Hana avait déjà pris une participation dans KEB à l'occasion de la cession partielle de 2007.