Vote de colère, les Islandais ont massivement dit «non» au plan de remboursement de 3,8 milliards d'euros à la Grande-Bretagne et aux Pays-Bas, somme perdue par les épargnants britanniques et néerlandais dans la faillite de la banque Icesave. Le non est sans partage, 98% des 230.000 électeurs.
L'accord qui vient d'être rejeté prévoyait un remboursement des fonds entre 2016 et 2024, assortis d'un taux d'intérêt de 5,5 %. L'Islande espérait rembourser une grande partie - jusqu'à 90 % - de l'argent versé pour la banque Icesave grâce à la vente des actifs de sa banque nationalisée Landsbanki, une opération de plusieurs années. Beaucoup d'Islandais contestent les conditions sévères imposées par leurs créanciers et se disent convaincus qu'un accord plus avantageux peut être trouvé alors que les discussions entre les pays se poursuivent parallèlement. Les dettes de l'Islande représentent plus de 15.000 dollars (environ 11.000 euros) par personne.
Amsterdam et Londres ont déjà fait des propositions qui offriraient des conditions de remboursement plus avantageuses, raison de plus pour les électeurs islandais de rejeter le plan élaboré par leur gouvernement à la fin de l'année dernière.
Le ministre des Affaires étrangères, Ossur Skarphethinsson, a déclaré à Reuters qu'un nouvel accord sur les conditions de remboursement pourrait être trouvé avec les Pays-Bas et la Grande-Bretagne «dans les prochaines semaines, peut-être plus rapidement». «Le point fondamental pour nous est de revoir notre argent mais ... nous sommes prêts à être flexibles», a indiqué de son côté, Alistair Darling, le ministre britannique des Finances. «La Commission prend note des résultats du référendum», a quant à elle commenté la porte-parole rajoutant que les négociations d'adhésion et le règlement de l'affaire Icesave «sont deux processus séparés».
Une manière de vouloir tempérer le sentiment anti-européen qui est ravivé dans le pays et alors également que l'ile est sous perfusion du FMI. Une incertitude, la réaction des marchés: «nous continuons de penser que les Islandais finiront par reconnaitre l'intérêt à long terme de leur pays et que les papiers émis par l'Etat islandais présentent un intérêt», espérait un analyste voici quelques semaines. Un début de réponse aujourd'hui à une fin de non recevoir.