Le marché français de l'investissement socialement responsable (ISR) est ressorti renforcé de la crise. En dépit de la débâcle des actions et de la réduction des capacité d'investissement, l'ISR a réussi en 2008 à capter davantage les liquidités des investisseurs de l'Hexagone.
Selon l'enquête Novethic, les encours ISR détenus en 2008 par les résidents français ont crû de 37 % à 29,9 milliards d'euros. « L'ISR confirme son statut de valeur de refuge. La croissance des encours ISR témoigne d'un niveau de confiance accru de la part des investisseurs envers les approches qui combinent les dimensions financières et extra-financière et ce malgré des performances vraisemblablement en ligne avec celles des produits non ISR comparables », note l'expert du développement durable.
La structure du marché a littéralement changé sous l'effet de la crise. Plus appropriée aux investisseurs institutionnels à la recherche d'actifs adaptés à leurs convictions, la gestion dédiée (hors épargne salariale) est devenue le moteur de croissance de l'ISR. Ses encours ont bondi sur un an de 76 % à 15,5 milliards fin 2008, soit 54,8 % du marché. Collecte, conversion à l'ISR de grands fonds et nouveaux mandats institutionnels sont à l'origine de cette envolée. Et pour la première fois depuis que Novethic publie ces statistiques, la gestion dédiée dépasse la gestion collective qui représentait 45,2 % de l'ISR à fin 2008 (encours de 13,5 milliards d'euros en hausse de 14 % en 2008).
En tout cas, la crise a eu pour effet d'institutionnaliser davantage le marché de l'ISR. Les encours détenus par les institutionnels ont bondi de 53 % à 22,5 milliards d'euros, contre une hausse de 3 % à 7,4 milliards du côté des particuliers. Ainsi, la part des institutionnels est remontée de 67 % à 75 %. Celle des particuliers s'est contractée à 25 %, contre avant 33 %.
Alors que les investisseurs de long terme (fonds de pension public, caisses de retraite, compagnies d'assurance...) constituaient à fin 2008 près de 81 % de la clientèle institutionnelle, le retour de l'aversion pour le risque s'est traduit par la montée en puissance des fonds obligataires et monétaires et la conversion de grands fonds en véhicules ISR. A fin 2008, 33 % des encours portaient sur les actions, 47 % sur les obligations et 19 % sur le monétaire. En 2007, les actions (51 %) et les obligations (43 %) formaient l'essentiel des actifs.