Les émetteurs des pays émergents ont encore un long chemin à parcourir avant de pleinement satisfaire aux exigences des investisseurs internationaux en matière de communication, tant sur le fond que sur la forme. Particulièrement pour ce qui est du souhait de ces derniers de réaliser un investissement socialement responsable (ISR). Une étude souligne en effet que le manque de visibilité sur les questions environnementales, sociales ou de gouvernance constitue un risque majeur pour la confiance de l'investisseur.
Cette étude a été menée sous l'égide du Forum pour l'investissement responsable auprès d'intervenants du secteur, dont une majorité de gestionnaires d'actifs pour compte de tiers et totalisant 130 milliards de dollars d'actifs au sein des marchés émergents.
Le sujet représente ainsi la principale source de préoccupation pour sept personnes interrogées sur dix. Par ailleurs, les investisseurs européens se montrent particulièrement attentifs aux soucis de « culture d'entreprise » ou aux « difficultés linguistiques », les investisseurs américains se plaignant davantage d'une pénurie de recherche sur les titres.
La relative opacité des émetteurs pourrait même conduire à une réduction des parts des portefeuilles allouées aux marchés émergents, qui s'élèvent aujourd'hui à 20 % des engagements internationaux pour les Américains au sein du panel et à 37 % pour les Européens. Les résultats de l'étude sont pourtant qualifiés d'« encourageants », les auteurs voulant croire qu'il s'agit également d'une question de compréhension mutuelle.
Le palmarès dressé par les investisseurs distingue le Brésil et l'Afrique du Sud comme étant les deux pays ayant fait le plus de progrès en termes de transparence. Le premier pays est d'ailleurs le principal destinataire des investissements internationaux, son fleuron Petrobras étant la société la plus représentée au sein des portefeuilles. La Chine, la Corée du Sud et l'Inde suivent en termes de progrès réalisés. Le Brésil et l'Afrique du Sud notamment ont développé un code national dont les sociétés peuvent s'inspirer. Car les investisseurs en appellent naturellement aux régulateurs et aux Bourses pour accompagner activement les sociétés dans leur cheminement. Ils saluent dans ce contexte l'élaboration des « Principes pour l'investissement responsable », inspirée par l'ONU.