La démarche est universitaire et se veut constructive. « Dans le cadre de mes recherches en finance, j'ai travaillé sur les notes d'émetteurs visées par l'Autorité des marchés financiers (AMF), explique Patrick Topsacalian, qui enseigne à l'Institut d'administration des entreprises (Lyon 3) et à Euromed Management (Marseille). Les techniques financières d'évaluation y sont bien définies : capitalisation, comparables boursiers et ‘méthode du discounted cash-flow' (DCF) dominent. Or, parmi les anomalies constatées, je me suis aperçu que lorsque la méthode des DCF est utilisée, 100 % des contrôles réalisés font apparaître un prix d'offre supérieur à celui préconisé par cette méthode, sans justification sur d'éventuelles synergies. Ce qui revient à proposer à l'investisseur une rémunération inférieure à celle qu'il est en droit d'espérer compte tenu du risque qu'il prend. Dès lors, on peut s'interroger sur la validation par l'AMF. » Patrick Topsacalian s'est donc lancé dans une étude systématique sur 126 opérations financières ayant reçu le visa de l'AMF entre 2004 et 2009, passant également au crible les méthodes sur les multiples boursiers et multiples de transactions utilisées, ainsi que le taux d'actualisation. Cette étude, dont la Commission des finances de l'Assemblée nationale a été informée, devrait être achevée dans trois mois.