L'influence de la spéculation sur la volatilité des prix continue d'être au cœur des débats sur le marché de l'énergie américain. Alors que le régulateur sectoriel, la CFTC, envisage sérieusement de fixer des limites aux positions prises sur certain actifs sur les marchés de futures, les fonds indiciels cotés sur matières premières, les ETF, pourraient à leur tour faire les frais d'un renforcement réglementaire.
Interrogé par le Wall Street Journal, le commissaire Bart Chilton au sein de la CFTC souhaite protéger l'usager final en s'assurant que « les prix facturés au consommateur sont justes et qu'il n'y a pas de manipulation ». Pour autant, il ne souhaite pas « restreindre la liquidité » et réduire le nombre des investisseurs individuels. De fait, la réduction de la taille des ETF rendrait ces instruments moins attractifs et se traduirait par un surcoût pour l'investisseur, les frais légaux et opérationnels se répartissant sur un nombre de parts plus réduit. Estimés à 59,3 milliards de dollars à fin juillet, les ETF ont été l'une des rares classes d'actifs en 2008 à avoir capté les liquidités des investisseurs.
Cela étant, la fixation de limites pourrait faire le bonheur des exchange traded commodities (ETC), jugés par certains plus transparents que les ETF qui sont, eux, juridiquement des OPCVM. « Les réformes qui sont discutées sont faites pour réduire les zones d'ombre qui peuvent être sujettes à des abus de marché et de manipulation dans les marchés des matières premières », précise Socheat Chhay, directeur associé chez ETF Securities. Selon ce dernier, l'imposition de limites aux Etats-Unis sur les ETF de matières premières renforcera le statut d'émetteurs d'ETC qui sont créés à travers de multiples markets makers et avec une structure de risques à contreparties multiples.
Toutefois la volonté de la CFTC de durcir les règles contraste avec l'explication qu'elle a donnée le 11 septembre 2008 sur l'appréciation de la valeur des indices sur matières premières au cours du premier semestre 2008. Le régulateur avait expliqué que celle-ci était due à la hausse des prix du pétrole et non pas à un accroissement des flux financiers vers le trading d'indices sur matières premières, écartant ainsi la thèse de la spéculation.