Prix en recul dans l'industrie de la réassurance. Les renouvellements de contrats au 1er janvier se sont traduits par des baisses de tarifs dans la plupart des branches, selon le cabinet Guy Carpenter. Le recul atteint notamment 6% aux Etats-Unis et de 0 à 5% en Europe pour les catastrophes naturelles. Au 1er janvier 2009, la hausse de tarif s'était élevée à 8% en moyenne.
«Une combinaison de facteurs, dont le rally des marchés financiers, des pertes pour catastrophes naturelles relativement basses, et les effets persistants de la récession sur la demande, ont conduit à un excès de capacité et à un surcroît de concurrence pour les renouvellements de janvier de cette année», explique Chris Klein, patron de la recherche chez Guy Carpenter.
Ces chiffres recouvrent cependant des réalités très diverses, comme de coutume. En France, en particulier, la tendance à la baisse ne s'est pas vérifiée. Le passage de la tempête Klaus sur l'Hexagone en janvier 2009, la plus forte depuis Martin en 1999, a provoqué 3,5 milliards de dollars de dommages assurés. Résultat, certains programmes de réassurance ont connu des hausses de tarifs de 10% dans le pays. Moins qu'en Autriche, cependant, où les augmentations ont pu atteindre 20% à 30% après une quatrième année consécutive de tempêtes de grêle.
Les tarifs de réassurance automobile en Europe ont aussi suivi une évolution opposée à la modération constatée outre-Atlantique, avec une hausse de 0 à 10% selon les tranches des programmes. Le coût des dommages assurés, dû à l'inflation des dommages pour les accidents corporels, reste un motif d'inquiétude, mais il est contrebalancé par la concurrence féroce que se livrent les réassureurs, notamment en Allemagne, et par les excès de capacités qui en résultent. Guy Carpenter a aussi noté un assouplissement des conditions de souscription sur le marché des risques commerciaux et industriels en Europe.
Au total, note le courtier, «c'est un marché de la réassurance régénéré qui entre dans 2010, avec une large capacité» de souscription. Pour Chris Klein, les réassureurs auront alors deux options: réinvestir leur capital en rachetant des concurrents, ou bien accroître les dividendes ou les rachats d'actions, comme l'a annoncé Munich Re en octobre dernier.