Très affectées par les inquiétudes sur la capacité de certains Etats à faire face à leurs engagements, les banques, grosses détentrices d'obligations souveraines, avaient vu les spreads de leurs CDS (credit default swaps) s'écarter de 90 points de base (pb) au printemps. Celui de l'indice européen iTraxx Financials Senior reste à 20 pb (au 20 août) au-dessus de celui de l'indice diversifié iTraxx Main, mais l'écart avait bondi à 60 pb. « Outre l'amélioration du sentiment sur les souverains, qui a bénéficié aux financières dès début juillet, la transparence sur les banques offerte par les ‘stress tests' à la fin du mois dernier a été très appréciée par les investisseurs, constate Chantana Sam, stratégiste crédit chez Axa IM. Les analystes ont pu refaire leurs propres calculs et conclure que la situation n'était pas si catastrophique. » Enfin, cerise sur le gâteau, l'annonce fin juillet d'un assouplissement des exigences dans la perspective de Bâle III a contribué au relâchement de la pression sur le secteur. Cependant, le mois d'août a été marqué par une nouvelle opération de refinancement d'une banque par l'Irlande et septembre le sera par l'arrivée à échéance de plusieurs émissions garanties par l'Etat d'établissements irlandais. « Dans un premier temps, ces craintes ont provoqué un nouvel écartement des ‘spreads', mais la bonne réussite de l'émission de l'Irlande le 17 août a rassuré les marchés », juge Chantana Sam, qui conserve cependant une position neutre sur les financières dans son allocation sectorielle crédit, leurs spreads devant rester volatils.