C'est enfin l'embellie pour les sociétés spécialisées dans le crédit à la consommation. La production mensuelle de nouveaux crédits en France a crû en juin de 8,4% sur un an, par rapport à un mois de juin 2009 il est vrai très faible.
Surtout, à 4,9% en moyenne au deuxième trimestre, la variation annuelle de la production s'inscrit dans le vert pour la première fois en deux ans, selon les statistiques de l'ASF, l'Association française des sociétés financières, qui représente près de la moitié du marché français. Elle avait touché un point bas de -18,5% au deuxième trimestre 2009.
La tendance est à l'amélioration trimestre après trimestre. Le point de départ était cependant tellement bas que, sur l'ensemble du premier semestre, le marché reste encore quasiment stable (+0,5%), avec 19 milliards d'euros de nouveaux crédits octroyés. La stagnation s'explique par le niveau toujours bas de la confiance des ménages, et par une diminution du panier moyen «avec souvent un montant d'apport personnel identique, d'où une baisse de la part financée à crédit», relève Sofinco. «Cette baisse du montant moyen financé (7.800 euros en 2009, hors crédit renouvelable) s'observe pour la quasi majorité des produits financés, y compris pour le e-commerce, pourtant jusqu'ici relativement protégé», poursuit la filiale du Crédit Agricole.
Les différents types de produits affichent des dynamiques opposées. Les prêts personnels avaient beaucoup souffert en 2009, avec une chute de 23%. Ils affichent une hausse de 30,4% sur le seul mois de juin, et de 11,5% sur le semestre. Pour les financements d'automobiles neuves, les progressions atteignent respectivement 16% et 5,5%. Mais le deuxième semestre se présente sous un jour moins favorable avec le recul probable des immatriculations dû à l'arrêt des primes à la casse.
Le crédit renouvelable, en revanche, demeure déprimé: la baisse annuelle est de 6% sur le mois et de 8,7% sur le semestre. Les prêts revolving, qui représentaient 43% de la production en 2004 et 39% en 2007, ont vu cette part régresser à 36% au premier semestre. Et la réforme du crédit à la consommation, qui entre progressivement en vigueur, devrait favoriser la poursuite de cette tendance.