L'économie américaine a continué de s'ankyloser au cœur de l'été. Selon la dernière livraison du Livre beige de la Réserve fédérale, diffusée mercredi soir, les signes de ralentissement se sont multipliés au cours de la deuxième quinzaine de juillet et au mois d'août.
Deux régions ont insisté sur un fléchissement de la conjoncture: le Midwest et la côte Est. La Fed de Philadelphie a ainsi souligné des conditions «mitigées», tandis que celle de Richmond a indiqué que «les signes d'un ralentissement ou d'une contraction de l'activité économique devenaient prévalents». Le Livre beige, qui compile les données recueillies par les douze banques centrales régionales, rapporte que l'activité manufacturière a maintenu son expansion tout en montrant des signes de décélération. Les dépenses de consommation «ont semblé avoir augmenté au bout du compte», bien que les consommateurs aient limité leurs achats jugés secondaires.
Les statistiques publiées hier soir sur le crédit à la consommation sont venues confirmer cette image de consommateurs frileux. L'encours de crédit a diminué de 3,6 milliards de dollars au mois de juillet, marquant un sixième mois consécutif de baisse. Les Américains rechignent à s'endetter alors que le marché de l'emploi reste incertain. Les pressions sur les salaires apparaissent limitées, indique la Fed, de même que les pressions inflationnistes. Les ventes de logements sont restées «très faibles» ou ont même «décliné» dans la plupart des districts après l'arrêt fin juin d'un crédit d'impôt.
Ce tableau d'une économie américaine en voie d'essoufflement a été dressé peu de temps avant le discours de Barack Obama à Parma, dans la banlieue de Cleveland (Ohio). A moins de deux mois des élections de mi-mandat, le président américain a défendu trois propositions destinées à stimuler l'économie, à savoir un plan de modernisation des infrastructures de transport (50 milliards de dollars), la reconduction de manière permanente et étendue du crédit d'impôt pour la recherche et le développement (100 milliards de dollars sur dix ans), ainsi que la déduction de la totalité des nouveaux investissements dans les équipements industriels jusqu'à fin 2011 (200 milliards de dollars). Le président américain a par ailleurs exclu de prolonger les avantages fiscaux pour les plus fortunés.