La situation s'améliore pour Rusal. Le groupe russe, qui a restructuré près de 17 milliards de dollars de dette avant sa mise en Bourse en janvier dernier, a confirmé son retour aux bénéfices. Dans la lignée de ses résultats annuels 2009, le premier producteur mondial d'aluminium a publié un bénéfice net de 247 millions de dollars (2 cents par action) au titre de son premier trimestre contre une perte de 638 millions (5 cents par action) un an auparavant. Quant au chiffre d'affaires, il a bondi de 31% à 2,3 milliards de dollars.
Le résultat opérationnel a atteint 366 millions de dollars contre une perte opérationnelle de 247 millions l'an passé, ce qui représente une marge de 16%. Les résultats du groupe dirigé par Oleg Deripaska ont été portés par les hausses de prix du métal, qui ont justifié la réouverture de certaines usines. Sur les trois premiers mois de l'année, les prix de l'aluminium ont grimpé de 59% et ceux de l'alumine de 72%.
Cela a permis au groupe russe de compenser la baisse des volumes. La production d'aluminium a reculé de 4% au premier trimestre, à 973.000 tonnes, tandis que celle d'alumine a chuté de 14%, à 1,8 million de tonnes. Les analystes se veulent tout de même positifs pour le reste de l'année. Pour, Helen Lau, une analyste basée à Hong Kong, «les producteurs d'aluminium mondiaux vont progressivement augmenter leur production avec le retour de la demande».
De son côté, Oleg Deripaska, a indiqué que «Rusal est bien placée pour l'avenir, avec un retour graduel prévu des volumes de production», ajoutant que les conditions du marché continuaient de s'améliorer, grâce notamment à une «hausse de la demande aux Etats-Unis». Il vise sur 2010 des hausses de production de 3% pour l'aluminium et de 11% pour l'alumine. En outre, «Rusal concentre ses efforts pour atteindre l'objectif stratégique final d'accroître la valeur de l'action en 2010 et au-delà», souligne Oleg Deripaska.
Vendredi, ces résultats n'ont en tout cas pas suffi à doper le cours du certificat coté à Paris. Si ce certificat perd encore 15% sur son prix d'introduction de début d'année, le groupe s'est en revanche largement félicité de la performance de Norisk Nickel, dont il détient 25%. Sa capitalisation a grimpé de 32% au premier trimestre 2010 et s'élevait à plus de 8,8 milliards de dollars au 31 mars.