American Express a plus que doublé son bénéfice au premier trimestre, signe que le spécialiste de la carte de crédit s'extirpe peu à peu des tourments de la crise. Le bénéfice net du groupe américain est ressorti à 873 millions de dollars contre 361 millions de dollars il y a un an. Le chiffre d'affaires, net d'intérêt, a de son côté progressé de 11% à 6,6 milliards de dollars.
Le secteur de la carte de crédit montre ainsi des signes de reprise, à l'image du premier résultat positif en la matière affiché par Bank of America depuis deux ans au premier trimestre ou par la perte (303 millions de dollars) trois fois moindre que sa propre prévision publiée par JPMorgan Chase sur la même période. Le directeur général d'Amex, Kenneth Chenault, n'a pas hésité hier soir à avancer que «l'économie mondiale semble vouée à un redressement continu». Certes, Amex apparaît en avance relative sur ses concurrents directs, grâce notamment à un niveau de dépenses moyen élevé, à 8.665 dollars l'an passé par carte contre par exemple 3.073 dollars pour Visa ou 2.588 pour MasterCard, selon The Nelson Report.
Le principal émetteur de cartes de crédit de par le montant des achats effectués par ses clients attribue ses excellents résultats à la reprise des dépenses des consommateurs et à une amélioration de la qualité du crédit. Par carte, les dépenses ont progressé de 16% par rapport à l'entame de l'exercice 2009. Et l'avenir semble prometteur, selon le groupe. Amex a en outre bénéficié du plus faible taux de défaut parmi les six principaux acteurs du secteur aux Etats-Unis. Sur le trimestre écoulé, le taux de créances dues depuis au moins 30 jours, un indicateur de référence, est tombé à 3,3%, un plus bas depuis le deuxième trimestre 2008.
Cet abaissement des paiements en retard devrait permettre aux prêteurs de consolider leurs bénéfices, sous l'effet de moindres réserves à mettre de côté pour couvrir les pertes sur crédit. Déjà, Amex a précisé hier que le montant de ses provisions nettes pour pertes sur crédits à venir avait été réduit sur le premier trimestre de 48%, à 943 millions de dollars. De son côté, la banque et émetteur de cartes de crédit Capital One a également publié des résultats supérieurs aux attentes, avec un bénéfice net de 636,3 millions de dollars et des provisions pour créances douteuses en retrait prononcé, de 2,13 à 1,48 milliards.