Dix jours après le G20 de Toronto, les rencontres internationales de Paris Europlace s'ouvrent dans un climat d'inquiétude pour l'industrie financière française. «Au G20, l'Europe s'est retrouvée divisée, plus souvent isolée. Sur le plan de la régulation financière et bancaire, on constate un écart entre les positions européennes et américaines sur un certain nombre de sujets essentiels, comme les normes prudentielles et comptables», reconnaît Gérard Mestrallet, président de Paris Europlace.
Application de Bâle 3, directive Solvabilité 2, taxe bancaire, projet de taxe sur les transactions financières, fiscalité de l'épargne : le PDG de GDF Suez égrène les mesures applicables en Europe qui font courir à l'industrie financière européenne un double risque, «celui d'un excès de réglementation, d'une part, et d'un mauvais calibrage, d'autre part». Avec des conséquences sur le financement des entreprises.
Face à ce calendrier réglementaire, Paris pousse ses dix «projets structurants». Certains d'entre eux avancent, comme la création d'un «pôle d'excellence sur l'obligataire corporate». Le Comité Cassiopée vient ainsi de recevoir plusieurs dossiers de candidats souhaitant gérer la future plate-forme obligataire secondaire. Nyse Euronext en a déposé un, comme prévu. Un autre émanerait, de sources de marché, de la plate-forme américaine MarketAxess. Le Comité émettra le 30 juillet son avis sur le projet qui lui paraît le plus adapté à son cahier de «spécifications».
En marges des rencontres, la création d'un segment de marché sur Nyse Euronext dédié à la finance responsable, l'une des filières jugées structurantes pour la Place de Paris, sera aussi annoncée ce matin. L'Observatoire des PME-ETI cotées a, pour sa part, été mis sur pied hier. Sa création avait été annoncée le 25 mars dernier par Bercy. Cette structure hébergée par la Caisse des dépôts établira chaque année un rapport sur l'accès des entreprises moyennes et de taille intermédiaire aux marchés financiers.
D'autres projets structurants, en revanche se heurtent à la réalité des affaires. Paris Europlace plaide par exemple pour la création en zone euro de registres de données sur les dérivés, notamment actions, domaine d'excellence des banques françaises. Mais l'américain DTCC a déjà annoncé vendredi qu'il installerait à Londres son registre européen, avec le soutien de l'Isda, qui représente la profession.