Pendant que la polémique enfle sur le rôle joué par les hedge funds dans le dossier grec, les régulateurs boursiers progressent sur le sujet de manière ordonnée. L'Organisation internationale des commissions de valeurs (OICV), qui les fédère, a ainsi publié le 25 février dernier un cadre qui permettra à chaque autorité nationale de recueillir des données harmonisées sur le secteur de la gestion alternative.
L'objectif est d'identifier, au niveau international, «les éventuels risques systémiques de ce secteur». Une manière de répondre au voeu formulé hier dans les colonnes du Figaro par Jean-Pierre Jouyet: «Les acteurs de ces marchés [ndlr: dérivés et dette], comme les hedge funds, doivent être soumis à des accords de transparence sur les risques qu'ils prennent», estime le président de l'AMF.
L'OICV a défini onze rubriques à renseigner. Il s'agit d'un simple cadre à destination des régulateurs nationaux, qui pourront l'enrichir à leur gré. Outre leur identité et celles des parties avec lesquelles ils traitent, les fonds alternatifs auront à fournir de multiples données de marché: encours et performances du portefeuille, nature des clients, expositions courtes et longues par zone géographique et par classe d'actifs (dérivés compris), rotation du portefeuille, liquidité, sources de financement, outils de contrôle du risque ou encore exposition au risque de contrepartie.
Cette initiative intervient à dessein alors qu'une évolution de la réglementation des hedge funds alimente les réflexions dans plusieurs pays. L'Alternative Investment Management Association (AIMA), l'un des lobbies du secteur, l'a accueillie de manière favorable, jugeant qu'elle permettra d'enrichir les débats – c'est-à-dire de les canaliser.
Certains régulateurs s'efforcent déjà de faire la lumière sur les engagements du secteur, sans pour autant brider sa marge de manoeuvre. C'est le cas outre-Manche de la Financial Services Authority (FSA), qui a publié le 23 février une étude sur la situation des 50 premiers hedge funds britanniques à fin octobre 2009. L'autorité conclut qu'aucun fonds ne posait à cette date à titre individuel de risque systémique. Il est vrai que la FSA passe pour le meilleur avocat des hedge funds, indispensables au rayonnement de la City.