Les acteurs du LBO s'adaptent à la nouvelle donne générée par la crise. «Le capital investissement va être en phase de restructuration lente dans les cinq prochaines années. Certains acteurs vont disparaître», estime un gérant de fonds parisien. Certaines sociétés de capital investissement tirent leur épingle du jeu en saisissant des opportunités, à l'image de Bridgepoint.
La société de capital investissement a annoncé la semaine passée la reprise de la gestion des activités de private equity en direct du gestionnaire d'actifs Hermes, ciblant des entreprises plus petites. «Cette acquisition constitue un relais de croissance. Elle est emblématique du contexte actuel, qui devrait générer des opérations de consolidation au sein du secteur», déclarait alors à L'Agefi Benoît Bassi, président de Bridgepoint en France.
Dans un autre domaine, Blackstone a étendu son réseau international de conseil en restructuration et en fusion-acquisition pour les entreprises avec l'ouverture d'un bureau à Paris. Jean-Michel Steg, ancien de chez Citi, en a pris la direction. «Le monde a connu de profonds changements cette année. Parallèlement, nous avons assisté à une demande croissante de la part de nos clients pour des services de conseils financiers clairs et efficaces à l'attention des dirigeants», explique Jean-Michel Steg, par voie de communiqué. Si Blackstone est principalement connu pour ses activités de LBO, les activités de conseil ont généré 410 millions de dollars d'honoraires en 2008, soit une progression de 12% par rapport à l'année précédente.
D'autres, à l'image d'Hermes, réduisent la voilure en se recentrant sur leurs activités clés. Tel est le cas notamment de Natixis Private Equity qui a décidé de gérer de manière extinctive sa filiale dédiée aux situations de restructuration, Providente. Bien plus tôt, en mars 2008, la société d'investissement cotée 3i avait annoncé l'abandon d'une de ses activités de capital risque, le early stage (investissement lors des premières années d'existence d'une entreprise). Dans le marché, «il existe des activités à vendre. Certains acteurs étudient des acquisitions, d'autres cherchent à s'alléger et à se repositionner», indique un professionnel du LBO.