Plus de peur que de mal en définitive. Standard & Poor's relève que les produits structurés en Europe ont traversé la crise financière en subissant des dégâts limités. L'agence souligne ainsi que les défaillances sur ces transactions ont concerné, entre la mi-2007 et fin 2009, 7 milliards d'euros sur un montant total émis de 1.858 milliards en début de période. Soit un taux de défaut de 0,39%. Et ce taux a même affiché une amélioration en 2009, à 0,15% contre 0,18% l'année précédente.
Mieux, les notes de près de 90% de l'univers sont restées stables ou ont été relevées sur l'ensemble de cette même période. Le taux de dégradation cumulé publié par l'agence s'établit à 12,4%. Ce dernier a cependant poursuivi son ascension l'an passé, passant de 6,2 à 9,4%.
S&P précise que son étude porte sur les montants émis et non le nombre des transactions. De quoi rendre justice aux grandes tranches qui concentrent l'essentiel des engagements des investisseurs. A titre d'exemples, les tranches notées «AAA» représentaient 31% des notes mi-2007 pour 82% des volumes émis, et les titres adossés à des créances hypothécaires résidentiels (residential mortgage-backed securities, RMBS) 40% des actifs, contre 27% seulement du nombre d'émissions.
Ces chiffres européens forment un contraste saisissant avec ceux observés aux Etats-Unis, où le taux de défaut a atteint 4,29% et le taux d'abaissement des notations 40,6%. Il est vrai que le taux d'abaissement des tranches «AAA» s'est élevé sur la période à 38% outre-Atlantique, contre 9,1% en Europe. Surtout, ce taux s'est élevé à 47,3% pour les RMBS aux Etats-Unis, où le marché immobilier s'est effondré, contre seulement 2,4% pour ces actifs en Europe.
Standard & Poor's fait toutefois état d'une grande dispersion des performances de crédit sur le Vieux continent. Ainsi, au sein des transactions notées en catégorie investisseur, représentant plus de 99% de l'univers scruté, le taux de défaut s'est élevé à 0,36% et le taux de dégradation des notations à 12,2%, contre respectivement 4,17 % et 35,8% pour la catégorie spéculative. Et la performance du secteur en Europe a surtout été affectée par le mauvais comportement des CDO (collateralized debt obligations), qui, constituant 23% du marché mi-2007, ont représenté près de 90% des défauts et 60% des dégradations de notation.