Les small et midcaps souhaitant transférer leur cotation d'Eurolist vers Alternext commencent à se faire connaître. Alors que la société internet Rentabiliweb (micro-paiement, édition de sites grand public) a lancé son transfert d'Alternext sur Euronext, une vingtaine de sociétés s'apprêtent à faire le chemin inverse, selon une source proche de Nyse Euronext, l'opérateur du marché organisé de la bourse transatlantique.
Près de quatre mois après l'adoption de la loi Brunel du 19 octobre 2009 qui autorise ce type d'opérations destinées à juguler les retraits de la cote, onze d'entre elles l'ont officiellement notifié à leurs actionnaires en les convoquant à cet effet en assemblée générale. Le premier changement de marché a été opéré hier par l'agence de communication Makheia Group. Après plus de dix ans de cotation sur le marché réglementé – elle avait fait son entrée sur le Second Marché en mai 1999 sous le nom de Médiagérance –, la société a quitté hier le compartiment C d'Euronext. «Notre motivation est triple, explique Edouard Rencker, PDG de Makheia Group. Nous recherchons une meilleure visibilité vis-à-vis des investisseurs mais aussi sur le plan stratégique. Nous n'avions pas les structures suffisantes pour suivre l'alourdissement des contraintes auxquelles sont, et seront, soumises les sociétés cotées sur Euronext et les économies attendues, sont, à notre échelle, substantielles». Un argumentaire que l'on retrouve dans le discours de la plupart des sociétés prétendantes.
S'agissant de la visibilité auprès de la communauté financière, elles tiennent un raisonnement selon lequel «il vaut mieux être l'une des sociétés les plus importantes d'Alternext que l'une des moins visibles d'Eurolist», indique un dirigeant. D'autant que ces transferts ne sont pas sans intérêt pour certains gérants de fonds: l'arrivée sur Alternext de sociétés auparavant cotées sur le marché réglementé les rend éligibles aux fonds ISF et à la poche non cotée des FIP et FCPI. S'agissant des règles de cotation, la PME toulousaine Alpha MOS, autre candidate déclarée, rappelle que ce marché «définit, notamment, des obligations d'informations financières et comptables moindres par rapport à celles applicables sur Euronext ». Les économies annuelles induites par ce changement de cotation sont évaluées «autour de 100.000 euros».