Les quatre premières banques britanniques mises à l'index sur les bonus

Conformément aux résolutions du G20, Alistair Darling va leur demander cette semaine de modifier leur système de rémunération

Par Antoine Landrot le 29/09/2009 pour L'AGEFI Quotidien - Edition de 7H

 
 

Les quatre premières banques britanniques mises à l'index sur les bonus

Gordon Brown, le premier ministre britannique, avait promis dimanche une loi stricte sur les bonus des banques. Promesse confirmée hier. «Dans les semaines qui viennent, nous allons légiférer pour mettre fin à la culture imprudente et inconsciente qui place les profits à court terme devant le succès à long terme», a déclaré Alistair Darling à la conférence annuelle du Parti travailliste.

Les quatre plus grands établissements britanniques sont particulièrement dans le collimateur du chancelier de l'Echiquier britannique : Barclays, Royal Bank of Scotland (dont l'Etat est actionnaire à 70 %), HSBC et Lloyds Banking Group (contrôlé à 43 % par l'Etat). Cette semaine, Alistair Darling rencontrera le président du comité de rémunération de chacune d'entre elles pour leur demander de modifier leur politique en la matière. Barclays et HSBC pourraient trouver ce traitement injuste : contrairement à leurs deux homologues, elles n'ont pas sollicité de fonds publics.

Dans la foulée des résolutions du sommet du G20 vendredi, la nouvelle loi en gestation «mettra fin aux bonus automatiques versés d'une année sur l'autre. Elle signifie la fin des versements immédiats pour les dirigeants. Tout bonus devra être payé sur plusieurs années, de telle sorte qu'il puisse être retiré s'il n'est pas confirmé par la performance à long terme», a précisé le ministre des Finances. Parallèlement, le Trésor va alourdir la fiscalité pour les hauts revenus et il est en train de contrôler 100.000 comptes bancaires offshore.

Reste à faire la part des choses entre l'intention réelle et la tentative de sauver un parti menacé par son rival conservateur lors des prochaines élections à la Chambre des Communes en juin prochain. Quoi qu'il en soit, si les quatre banques concernées n'ont fait aucun commentaire, la communauté financière n'a pas tardé à réagir – négativement. «Si ces propositions devaient être introduites, c'est la porte ouverte à de nombreux départs. Ne comprennent-ils pas qu'il s'agit d'un marché extrêmement concurrentiel ; que quoi que nous fassions pour réduire la rémunération se fera au bénéfice de nos concurrents ?», s'interroge Howard Wheeldon, stratégiste senior chez BGC Partners, cité par Bloomberg. Un argument largement partagé par les professionnels dans les pays concernés par ce type de mesures.

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