Après l'accord pour la publication dans la deuxième quinzaine de juillet des tests de résistance des banques européennes, les analystes attendent les détails du processus. Première certitude, les tests déjà pratiqués sur 25 grands établissements seront étendus à un panel beaucoup plus large. Une nécessité, les inquiétudes touchant surtout les petits prêteurs, comme les cajas espagnoles et les banques régionales allemandes.
Les tests seront réalisés par les autorités nationales sous la coordination du Comité européen des superviseurs bancaires, le CEBS. Les hypothèses de travail seront elles aussi publiées. «Le CEBS a commencé il y a déjà un moment, il y a un accord sur les critères, avec un scénario de tensions macroéconomiques élaboré en accord avec la BCE, qui simule d'abord un ralentissement de la croissance (...) et aussi des tensions sur les positions souveraines», indiquait vendredi à Reuters une source diplomatique européenne.
Des bruits, donnant Santander et BBVA comme les mieux classées du secteur en Europe, ont déjà filtré. Un «résultat» à prendre avec des pincettes et à replacer dans le cadre de la passe d'armes qui a opposé Madrid et Berlin ces derniers jours.
Les rumeurs d'un appel à l'aide de l'Espagne sont en effet attribuées à des proches de la coalition allemande, qui espéraient ainsi forcer le gouvernement Zapatero à durcir son programme d'austérité. En réaction, la Banque d'Espagne a annoncé la publication de ses propres stress tests, contraignant Berlin à un virage à 180 degrés sur ce sujet, alors que la fédération des banques publiques allemandes reste opposée à une communication individualisée de ces résultats. Le gouvernement allemand va désormais examiner si le droit bancaire doit être modifié pour permettre une telle publication. «Aucune banque ne peut se permettre de ne pas publier ses résultats sans courir le risque d'apparaître affaiblie», estime cependant Konrad Becker, analyste de Merck Finck.
Au niveau sectoriel, les analystes font déjà tourner leurs modèles. Ceux de BoA Merrill estiment à 11 milliards d'euros le manque en capital des banques, sous trois hypothèses: 10% de baisse des revenus, deux ans de coût du risque au niveau du début des années 90, et 30% de perte sur la dette grecque. Le trou atteindrait 22 milliards si la décote de 30% affectait aussi la dette du Portugal, de l'Espagne, de l'Italie, et de l'Irlande.