«Ce n'est pas une nouvelle version de la taxe Tobin», se défend une source proche du gouvernement. Cinq options pour un projet de taxation internationale sur les transactions financières avaient été définies par un comité d'experts, appelé groupe pilote, en juin dernier (voir L'Agefi du 21/07). Le projet qui doit beaucoup au soutien de la France à travers l'implication de son ministre des Affaires étrangères doit être examiné demain. Les représentants des douze pays membres de la «taskforce» ont eu l'été pour s'imprégner du rapport. Ils doivent désormais décider d'une ligne directrice à présenter à l'ONU lors du prochain sommet sur les objectifs du millénaire, le 21 septembre. «L'objectif de cette taxe financière est de permettre à la solidarité de se mondialiser, tout comme les autres secteurs économiques», explique cette même source.
S'appuyant sur le même modèle que la taxe sur les billets d'avion qui a permis de récolter 3 milliards de dollars pour financer l'achat de médicaments, la taxe sur les transactions financières permettrait de trouver les fonds manquant à la solidarité. Les besoins sont estimés au niveau mondial autour de 330 milliards de dollars par an entre 2012 et 2017. Au-delà des financements publics et privés, la solidarité nécessite un financement stable à travers la participation des secteurs économiques les plus fertiles. La finance, qui porte le poids de la crise, est ainsi un pourvoyeur de fonds tout trouvé. «Avant, la question de la faisabilité même d'une taxe sur les transactions financières était au coeur des discussions. Désormais, les débats s'axent sur les modalités et les bénéficiaires», assure un bon connaisseur du dossier.
Sur la question de l'impact économique d'une telle taxe sur le secteur concerné, le gouvernement préfère une assiette large, avec de faibles taux de prélèvement pour ne pas provoquer d'effet d'évitemenent. Par exemple 0,005% prélevé sur les transactions de change, solution préférée du comité d'experts. «Nous n'avons pas d'objectif de régulation, contrairement à ce qu'était la taxe Tobin qui souhaitait avoir un aspect dissuasif sur la spéculation», précise un haut fonctionnaire. En attendant de trancher entre les cinq options proposées, le quai d'Orsay évoque une possibilité de lever entre 30 et 50 milliards de dollars par an... si tous les pays jouent le jeu.